Rubrique « Les thèories du Rock » (1): Le rock est-il une musique sexy ou sexiste?

Cette première rubrique, derrière la notion de « thèse », n’a pas la prétention d’être sérieuse, mais de réfléchir un peu sur le propos. C’est aussi l’occasion pour nous de vous présenter notre projet. (mais si, vous aussi, vous avez des « thèses » sur le rock (notez bien les guillemets), notre blog vous est ouvert, pour ça, cliquez ici).

1- La thèse: le rock est-il une musique sexy ou sexiste?

Le but de ce blog est donc de créer un lieu d’échange et de partage autour de la musique, en premier lieu rock, mais il y aura de la place pour toutes les musiques. Vous aurez sans doute noter que nous avons opté pour une imagerie sexy… Pourquoi? Parce que cela fait partie du rock, qu’on le veuille ou non et que ce sont majoritairement des hommes qui viennent participer dans ce genre de blog. Et pour ceux ou celles qui trouveraient cela machiste, c’est possible mais le rock est historiquement une musique majoritairement dominée par les hommes (souvent pour plaire aux femmes) et, de ce fait, nous parlerons principalement d’hommes. Et Audrey veillera pour que le contenu ne soit pas pour autant sexiste mais un peu féministe.

Mais le rock est-il machiste ou sexiste? On va dire que non. Et, en même temps, quand on raconte les histoires des groupes, combien d’anecdotes ou légendes existent-ils sur ce qui se passent dans les loges ou backstage? Sans parler des textes, et pas forcément en se limitant à AC/DC. Le blues, la soul regorgent de métaphores lubriques. Donc, le sexe fait partie de cette musique. Aussi qu’on critique les postures machistes des rappeurs n’a pas de sens…

Machiste? Mais les femmes aiment ça! C’est sans doute pas très politiquement correct de l’écrire, mais une rockstar fait fantasmer. Combien d’entre elles ont oublier toute pudeur au cours d’un concert (ou pas oser se glisser dans ses bras)? Et quand une femme monte sur scène, que n’a-t-elle pas entendu sur sa poitrine (pour ne pas dire nichons)? Et si elle n’avait pas la plastique avantageuse d’une Debbie Harry, combien de remarques désobligeantes aura-t-elle enduré ou lu plutôt que de parler de sa musique? Notre propos n’est pas défendre ces dérives, mais de dire que ça existe et que ça fait partie de cette musique et de son pouvoir. Un mec se rêve dieu du stade avec des tonnes de femmes à ses pieds. Et les filles ou femmes n’ont qu’envie de s’y précipiter. Bien entendu, pas tous et toutes, mais notre propos est de dire que ça fait partie du mythe. Et qu’on assume le côté éventuellement sexiste du blog. L’important ne sera pas l’image mais le discours. On tâchera d’équilibrer les choses par ce biais.

Bien sûr, même si tout ça est affligeant quelque part, les choses bougent. Les femmes prennent peu à peu leur place. Elles ne sont plus des poupées qui disent « oui » ou « non », elles pensent, revendiquent et remettent à leur place ces dérives. Elles ne sont plus non plus des copies machistes des icones du rock. Peu à peu, elles créent une autre identité, une autre musique, dans laquelle il y a moins de testostérone (et nous allons dès le prochain billet revenir sur le sujet). Bien sûr, il y en a aussi qui aiment la testostérone et les décibels pour porter le flambeau comme avant. Mais tout n’est plus aussi défini.

Alors on dira que le rock, à son meilleur, est sexy, et non sexiste (même si l’argument est très spécieux). En effet, cela a toujours été un moyen pour séduire. Qu’on l’écoute et fasse partager ou qu’on la joue devant une scène, il y a toujours un peu implicitement cette dimension. Et peu importe qu’on soit beau ou pas, on voit bien que les rock stars ont ce côté sexy, peut-être l’aura qu’il porte ou qu’on leur prête à raison ou à tort. Il est vrai (du moins pendant longtemps), ces artistes paraissaient hors du commun de part leur mode de vie et les tenues/coiffures qu’ils arboraient sur scène. Et d’ailleurs, qu’ils soient hommes ou femmes, on les trouvait certainement plus beau ou belle que la réalité, parce que justement on projette sur eux un monde fantasmatique sans qui ils auraient été parfois quelconque (ou tout du moins pas plus séduisants que nous).

Cette imagerie faisait rêver et, souvent, avec les années, on voit bien le côté futile et ridicule qu’elles dissimulaient. Etre sexy a parfois un prix qui ne traverse pas les âges… Mais était-ce aussi vrai parce que, pendant longtemps, elle était le fruit de personnes jeunes qui permettaient cette identification et les fantasmes qui en découlaient? Et peut-être est-ce là l’explication de la désaffection relative des jeunes d’aujourd’hui au profit d’autres musiques, jouées et écrites par des artistes moins marqués par les rides?

En fait, le mélange le plus sexy en matière de musique, c’est bien lorsqu’il y a mixité. Prenons le groupe Mazzy Star, avec son côté la belle et la bête. Ou Blondie, avec ce côté gang mené à la baguette par Debbie Harry. Ou Portishead, où on ne sait plus si c’est l’envoutement qui provient de la musique ou de la chanteuse. Ou le Velvet Underground en train de charmer Nico… Les cas de groupe de filles qui composent et font chanter un mec sont cependant rares… D’ailleurs, y en a-t-il? Sans doute parce que l’égo masculin ne le supporterait pas.

En tout cas, depuis une dizaine d’années, la féminisation de la musique la rend différemment sexy, parce que les femmes savent qu’il faut soigner l’image (ne serait-ce parce qu’elles seront examinées sous toute les coutures que ce soient par les hommes ou les autres femmes), alors qu’un homme se contente d’un T-Shirt ou d’une chemise la plupart du temps sans qu’on crie au scandale…

2- L’illustration en musique

Pour illustrer notre propos, nous vous proposons une compilation 60’s intitulée: Girls in the Garage. Elle illustre assez bien l’ambiguïté de la question. Des filles dans des groupes garage? Avouez que c’est un peu sexy… Et y a qu’à lire les titres pour renforcer cette impression. Les filles ne se laissaient-elles pas faire dès cette époque? La réalité est plus complexe. On ignore tout de ces groupes, mais, à leur écoute, on doute qu’elles aient écrit lesdites chansons et qu’on les avait faites venir en studio pour l’occasion. A dire vrai, on les image plus avec un Kim Fowley en train de diriger le tout que seules maitres à bord… Rien à voir, donc, avec des combos en sueur qui s’époumonaient dans la sueur de leur garage. Et c’est tout le paradoxe de ce thème. Pour autant, l’image propre et légère qui se dégage de cette musique a quelque chose d’érotique, parce que, c’est bien connu, ce sont les femmes qui font tourner la tête des hommes, même si ce sont eux qui (encore trop souvent) fixent les règles.

Lost Nuggets from the 60s Girls in the Garage 1963-1967 (2020)

Pour pour en profiter, cliquez ici.

Alors, cette musique qui nous fait rêver, elle est sexy, sexiste ou machiste? On vous laisse avec la madame ci-dessous pour méditer de la chose…

En entendant, soyez tous les bienvenus dans cette nouvelle aventure, en espérant que ce thème ou nos rubriques à venir vous inspirent.

Audrey et Moose

PS: Saurez-vous identifier toutes les images de ce billet? Mais ne comptez pas sur la madame pour vous aider!

12 réflexions sur « Rubrique « Les thèories du Rock » (1): Le rock est-il une musique sexy ou sexiste? »

  1. Le rock est sexy parce que certaines chansons nous procurent presque autant de plaisir que l’acte charnel et il est également sexiste, car le monde l’a toujours été et qu’il n’échappe malheureusement pas à la règle… J’aimerais sans doute un peu moins Mazzy Star si Hope Sandoval n’avait pas ce visage d’ange en plus de sa voix de sirène, mais je l’aimerais quand même, car j’adore certaines chanteuses qui possèdent un physique nettement moins engageant!
    Comment ça: « on ignore tout de ces groupes »? Il me semble que vous avez manquez quelques lectures!

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  2. Dans toutes les musiques qui m’intéressent, j’avoue être toujours plus attiré par les chanteuses, les groupes féminins ou les orchestres dirigés par une femme. Il y a là un penchant naturel, c’est incontestable, mais il n’y a pas que ça. C’est aussi parce qu’elles sont plus rares, et plus que tout, la rareté m’attire. Tout comme l’insolite, le différent, l’iconoclaste. Et d’ailleurs, si elles ne sont pas majoritaires dans le rock, c’est clairement dans le jazz et le classique qu’elles sont le plus rares. Et je le regrette. Fortement.

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    1. Dans le jazz actuel en France, des femmes instrumentistes et « leadeuses » : Anne Pacéo, Elodie Pasquier, Géraldine Laurent, Sophie Alour, et j’en oublie et je ne les connais certainement pas toutes… Mais elles sont encore rares.

      Dans la musique dite classique, je pense à Ophélie Gaillard et sa sœur Héloïse à la tête de l’ensemble Pulcinella…

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      1. Et n’oublions pas les cheffes d’orchestre. Alondra de la Parra, et puis cette cheffe survoltée, vénézuélienne, sortie de nulle part, Glass Marcano.

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  3. Moi qui suis fan de Telecaster et de Danelectro j’adore la photo de Television première mouture.
    A part ça j’ai pas vraiment d’avis sur un rock sexy, sexiste, homme, femme tout ça … certains excès machistes des mid 70’s ont volé en éclats à un moment et c’était pas plus mal, peut-être pour mieux revenir mais j’en sais trop rien.
    À une poignée d’exceptions près je préfère et de loin les voix d’hommes dans le rock, pour l’avoir clamé haut et fort j’ai bien eu droit à 2-3 analyses express de Miss A, pour autant je ne vais pas mieux …
    Longue vie à ce blog.
    Et vive les gonzesses bordel !

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    1. Le rap est un milieu épouvantable pour les artistes féminines. N’en ont que plus de mérite les Diam’s, Lady Lastee, Melaaz, Ana Tijoux, Keny Arkana, Mala Rodriguez, et ma chère Sara Socas:

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  4. ;D Content de vous retrouvez et merci pour l’invite (je réponds bientôt plus en détail à ton mail).. et quelle entrée en matière !! ça doit effectivement faire parti du jeu, avec un certain recul, j’ai bien dû me rendre compte que les chroniques « mâles » chez moi prédominaient. Je n’ai même pas d’explication précise, puisqu’en fait cela ne correspond pas à mon équilibre d’écoutes. Je ne dirais pas que j’écoute autant de filles que de garçon, mais j’ai en tout cas un peu plus de mal à en parler en tout cas. Se forcer ?? c’est pas la solution je pense. Aussi ce « machisme » latent s’est peut-être équilibré avec le temps.. The Kills qui vient de sortir un super B-Sides est totalement transporté par Alison, même si l’équilibre du boulot est indéniable.. vitrine volontaire ?? je ne pense pas que ce soit un appât.. lui sans elle n’est rien ;D Bon, la journée sera PJ H. a++
    Charlu

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  5. Une lecture interessante sur le sujet : « Under My Thumb, Songs that hate women and the women who love them », sous la direction de Rhian E. Jones et Eli Davies, éditions Repeater, 2017 (en anglais ; pas encore de traduction française à ma connaissance). Une « étude sur la misogynie dans la musique » vue par les femmes ( journalistes, critiques, musiciennes, fans).

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    1. Je ne connais pas le livre… Pas dûr de vouloir en connaitre plus non plus, en fait, le rock n’est pas différent des autres milieux, juse parfois pire, mais en même temps, cela bouge assez vite, parce qu’on touche les jeunes et qu’ils sont devenus une génération « metoo ».

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