La Chasse aux Chansons (1): Bashung- by Proxy

Cette rubrique a pour vocation de nous faire redécouvrir des chansons oubliées, parce que soit sorties dans un album pas terrible, ou par un artiste pas très bien considéré ou souffrant d’un son ingrat… Bref, autant de raisons qui font qu’on puisse passer à côté…

Bashung : « By Proxy »

Voici l’un des trésors de Bashung dont personne ne parle et qu’on ne trouve dans aucune compilation. Cette chanson figure sur son disque le plus sous-estimé, Novice (que je préfère pour ma part à Play Blessures). Or, quiconque a vu ou écouté ses concerts sait que les chansons de Novice en sont souvent les points culminants d’intensité et de tensions électriques. Certes, le son a un côté très froid et très daté, mais les elles sont quasiment toutes grandioses, dans une veine assez torturée il est vrai, et prennent une toute autre dimension sur scène, une fois débarrassées de la carapace qui pèse parfois sur les versions studio (avec ce son un peu daté qui le pénalise aujourd’hui).

Et à l’intérieur de Novice, il y a By Proxy, qui le clôt. Une chanson à part. Même à part pour plein de raisons dans toute la discographie de Bashung.

D’abord, le titre ne reprend pas l’instrumentation froide du reste de l’album, mais utilise des guitares qui ont plus à voir avec Durutti Column que Wire. Ensuite, le titre est en anglais. Il me semble que c’est la seule avec Poisson d’avril sur Figure Imposée (franchement pas terrible, celle-là). Ce n’est pas un hasard, parce que Bashung se montre très impudique dans son chant, notamment sur la fin où il prend des accents d’animal blessé, presque déchirants. Enfin, si le répertoire de l’artiste ne baigne pas forcément dans la joie, la chanson dégage une ambiance ouvertement triste, ce qui n’est pas le cas d’habitude où le climat est surtout sombre ou mélancolique (à l’exception de son dernier, Bleu Pétrole, dans lequel, là aussi, il ne se cache plus vraiment à cause de la maladie).

On dirait que Bashung avance ici à visage découvert, mais qu’il ne peut le faire en français, juste parce qu’il reste ce grand timide et pudique devant l’éternel. D’ailleurs, elle s’arrête pile là où la voix commence à être bouleversante. Elle nous place alors face au vide et ses échos continuent de nous hanter, avec la douleur qu’elle renferme et qu’elle n’a pas osé dire entièrement, mais qui est pourtant là en nous, parce que nous l’imaginons mentalement encore mieux que si nous l’avions entendue. Et puis, j’aurais pu commencer par là, mais la mélodie est l’une des plus délicates de Bashung avec Bijou, bijou, autre petite merveille du répertoire, mais plus sur un registre plein de tendresse mélancolique.

Donc, voici plein de raisons pour la redécouvrir et pour ouvrir notre chasse aux chansons. 

Alors si, vous aussi, vous avez une idée pour continuer notre chasse aux chansons, contactez-nous ici.

Audrey

PS: nous aurons une autre rubrique pour parler de chansons, qu’on appellera « La plus belle chanson du monde« , qui, comme vous le savez, a la particularité de ne pas être unique mais d’être quand même la plus belle quoiqu’en disent les autres (même qu’on a le droit d’avoir plusieurs, sauf que, lorsqu’on l’écoute, on est certains que c’est celle-là)…

12 réflexions sur « La Chasse aux Chansons (1): Bashung- by Proxy »

  1. J’ai écouté la chanson par curiosité parce que je ne connais pas vraiment Bashung : ce que j’ai entendu de lui à la radio ou ailleurs ne m’a jamais donné envie d’en écouter plus (dis-je pour rester poli)… Bah voilà j’ai écouté une fois « By Proxy » et j’en resterai là.

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    1. Tu peux effectivement visiter d’abord ses reprises. Elles sont quasiment toutes magnifiques. Mais il y a plusieurs Bashung, le rockabilly des débuts, le déglingue de Play Blessures et figure imposée. Le pop classieuse d’Osez Josephine. La maturité des derniers albums (de plus en plus expérimentaux). Et le dernier, presque folk.

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  2. Je ne crois pas qu’on rencontrera de grands fans de Bashung sur ce blog de rock, et je n’en suis pas non plus. Une exception peut-être pour « La nuit je mens », que j’aime surtout pour la belle orchestration des cordes (Michel Bernholc, si je ne me trompe pas).

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    1. Bashung fait partie de la sphère rock, c’est surtout sur la fin qu’il s’en est écarté, mais ses concerts le restaient. Quant à notre blog, on compte bien ne pas nous cantonner au rock justement, mais bien nous interesser à toutes les musiques.

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  3. Hors sujet (ou pas) : écouter les face B des 45 tours de Stone & Charden. Quand Charden se lâche et se fait plaisir. Un producteur monstrueux, un complice hors pair (Bernard Estardy) et l’affreux Eric faisait du Zappa à la face de la France (il y avait du soleil sur la France) qui de toute manière n’entendait que le bêlement de Stone sur la face A. La musique de camioneur, fallait oser.

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  4. Très beau disque ce Novice, novateur et pertinent à sa sortie dans un contexte particulier pour son auteur, en pleine réinvention après le grand barnum de l’excellent Passé le Rio Grande et avant le virage Osez Joséphine. Un disque à part, ce Novice. J’étais au concert toulousain de la tournée qui a suivi, c’est la seule fois où j’ai vu Bashung sur scène, il était passablement défoncé, pas franchement communicatif, ni visiblement heureux d’être là. De plus son groupe était une formation de transition dotée d’un guitariste à tendance Van Halen qui ne cadrait pas vraiment avec les compos. Je pense que le live Novice Tour paru longtemps après a été sérieusement retouché en studio, parce qu’il ne correspond en rien au souvenir que j’ai du son de cette tournée définitivement pas à la hauteur de l’album qu’elle accompagnait. Ce qui ne m’a pas empêché de continuer à suivre Bashung de près, même si je suis moins sensible à la seconde partie de sa carrière.

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  5. Et plus spécifiquement sur By proxy (je suis toujours hors sujet, bordel))) c’est effectivement une des plus belles chansons d’un disque qui en compte quelques unes (Alcaline, Étrange été, Légère éclaircie, Résidences, Tu m’as jeté, Pyromane) même si toutes sont secouées d’électrochocs dont il avait le secret (oune dé oune dé oune dé))))

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