A redécouvrir (2): The Laughing Clowns- Law of nature (1984)

Ce groupe aura été ma première participation dans le monde de la blogosphère. C’était sur le vieux blog de Jimmy (aujourd’hui disparu.), il y a une éternité… J’ai repris une partie de ma chronique de l’époque en la modifiant pour vous présenter un autre disque de ce groupe de mon petit chouchou Ed Kuepper.

Peut-être que dans quelques décennies, les Saints auront droit à leur juste place dans le panthéon du Rock. La notoriété de leur premier album ne cesse de grandir, mais que dire des deux autres qui suivirent et qui méritent tout autant les éloges. Pour ceux qui l’ignoraient, The Chameleon n’est pas un morceau de Noir Désir mais des Saints, et plus exactement de Ed Kuepper, le guitariste du groupe.

Laughing Clowns | Nostalgia Central

Si la réputation des Saints grandit petit à petit ces dernières années, ce qui est sûr, c’est que l’histoire du rock est mal partie pour retenir l’histoire d’Ed Kuepper. Pourtant, la force créatrice qu’on admire tant sur les premiers Saints n’est pas forcément due à leur charismatique chanteur, Chris Bailey, mais à lui. D’ailleurs, pour preuve, sans Kuepper, les Saints ne seront après que l’ombre d’eux-mêmes. Pour seconde preuve, Kuepper forma dans la foulée les Laughing Clowns, un groupe passionnant, malheureusement aussi foireux en termes de marketing qu’auront pu être les Saints, en pire, tandis que la formation des Saints qui continuera sans lui sera de moins en moins intéressante.

Après avoir revisité la soul avec les Saints, le projet d’alors de Kuepper est de concilier sa passion du Rock et du free jazz, tout en conservant un format pop. En ces 80’s glorifiant Simple Minds, U2, Talking Heads, Peter Gabriel et autres Thriller-rie et bornintheusa-ade, disons que le pari était risqué. Mais la prise de risque, en matière de Rock, surtout quand elle se fait à l’encontre de toute démarche commerciale force l’admiration. Cela fait partie de ce qu’il y a de plus excitant dans le Rock, surtout quand les grandes chansons sont au rendez-vous. Et Kuepper en a plein la besace.

Mélanger le rock et le free jazz, quand on vient du punk, on aurait pu s’attendre à du Fun House des Stooges, mais c’était sans compter sur l’élégance d’écriture d’Ed Kuepper. Non, il n’y pas une telle sauvagerie sonique ici. Et, finalement, c’est aussi certainement l’une des raisons qui prive paradoxalement les Laughing Clowns d’une partie de son audience d’aujourd’hui. Il y a pourtant une certaine violence, dans un registre plus subtil et moins incandescent.

A l’époque, j’avais chroniqué History Vol 1 qui n’était pas en soi une vraie compilation mais un album qui regroupait les premiers enregistrements du groupe, sortis de manière disparate. Suivront deux vrais albums, à écouter de toute urgence, tout aussi beaux et réussis. Avec ce groupe, on peut enfin écouter du rock avec du saxo sans que cela dégouline. Ici, il vous prend par les tripes, vous prend par surprise. Le saxo, ici, dans ce groupe, prend la place de la guitare électrique du punk !

Donc cette fois, je vous propose un vrai album du groupe qui comprend un titre s’appelant, et ce n’est pas un hasard, Eternally Yours (ça vous dit quelque chose?). Il est très facile d’y trouver toute la marque de fabrique des Saints des débuts, avec ce son un peu brouillon, mais un peu ralenti, du fait de la voix plus limitée de Kuepper, toute en nonchalance. Le groupe semble sur le point de trouver l’alchimie recherchée. On peut aimer ou pas le saxo, mais force est de constater qu’ici, il a un rôle qui n’apporte pas du clinquant, mais quelque chose de plus strident, plus libre, presque menaçant.

Law of Nature a été enregistré entre 1983 et 1984. Le line up comprend un bassiste d’un musicien que les amateurs de musique australienne mélancolique connaitront peut-être, puisqu’il s’agit de Peter Walsh, fondateur des merveilleux The Apartements, dans lesquels il s’empressera de reprendre la guitare. Le résultat est intransigeant, pas toujours facile d’accès, mais excitant et nous place sur la brèche.

Après un autre album sans succès, Ed Kuepper sabordera ce projet pour poursuivre en solo en tant que troubadour australe, avec sa voix de grand frère, toujours aussi délicieusement nonchalante, dans la même indifférence, mais qui apporteront, par la même qualité d’écriture, une troisième preuve à tous les nostalgiques de la triplette séminale des Saints, que la force créatrice des australiens était définitivement à chercher ici et que cet artiste aurait dû être bien plus suivi qu’il ne l’a été pour dénicher sur son chemin des gemmes aussi magistrales que The Chameleon….

The Laughing Clowns- Law of nature (1984)

1. Monkey See Monkey Do
2. Law Of Nature
3. Eternally Yours
4. Bride Of Jesus
5. Eating Off The Floor
6. Written In Exile
7. As Your Bridges Burn Behind You
8. The Year Is More Important
9. Stinking To High Heaven

Pour rire (jaune) avec les ces clowns, c’est ici.

Audrey

Si, vous aussi, vous avez un disque que vous souhaitez nous faire redécouvrir, contactez nous.

8 réflexions sur « A redécouvrir (2): The Laughing Clowns- Law of nature (1984) »

  1. Il existe un autre groupe où le saxophone tenait une place essentielle: Morphine, fondé par Mark Sandman. Il s’agissait là d’un sax baryton, alors que chez Laughing Clowns, c’est un alto.

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  2. Je suis grand fan de son groupe garage/rock punk The Aints (là aussi, ça dit quelque chose, non ?) fondé en 1991. En 2017, Kuepper a décidé de tourner en Australie en reprenant les vieux morceaux du répertoire des Saints de 1973 à 1978. Fin 2018 est paru « The Aints! play The Saints qui peut largement faire figure de quatrième album (jamais paru) des Saints originaux.

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    1. Sauf erreur, l’album de 2018 s’appelle he Church Of Simultaneous Existence et je l’avais proposé à Jimmy à l’époque. Plays the saints est le nom de leur live sorti l’année suivante. Mais bien d’accord avec toi pour dire que l’album de 2018 ressemble au 4eme Saints de la formation original (c’était d’ailleurs mon propos lors de ma chronique).

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    1. Oui, plus élaborées, mais les Saints venaient du punk. Tout du moins, ils ne savaient pas que cela allait s’appeler ainsi. Ed Kuepper aime explorer, avec ses propres limites. C’est en ça que je l’apprécie autant.

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