Rubrique: Une reprise qui tutoie les sommets- Everybody’s talkin’

Cette rubrique est là pour parler d’une chanson emblématique que l’on connait tous, mais souvent en ignorant la version originale.

Les reprises sont un exercice aujourd’hui un peu ingrat, tellement il en existe. D’ailleurs, dans notre sélection de slows pour la St-Valentin, vous aurez peut-être remarqué que nous avions glissé 2 versions d’une même chanson, celle de Love is all around des Troggs et la version de Wet Wet Wet, popularisée par le film 4 mariages et un enterrement (donc on aurait pu l’utiliser ici, mais pas sûr que la reprise soit meilleure ici que l’original, le débat reste en tout cas ouvert). Mais on a décidé d’ouvrir le bal de cette nouvelle rubrique avec une autre chanson que vous connaissez certainement tous et toutes.

Everybody’s talking est vraiment une très belle chanson, avec un texte des plus touchants. On pourrait presque la mettre dans les plus belles chansons du monde quand il pleut sur notre tête. En effet, pour ma part, j’adore le phrase: « I’m going where the sun keeps shining thru’ the pouring rain« . Et quand c’est l’immense Harry Nilsson qui la chante, elle devient encore plus merveilleuse. Pour l’anecdote, cette chanson a été popularisée par le film Macadam Cowboy (dont sont extraites les images qui l’accompagnent ci-dessous).

version que tout le monde connait par Harry Nilsson

Cette version de Everybody’s Talkin’ est tellement connue qu’on trouve même des vidéos sur YouTube qui précise qu’une version chantée par un autre artiste est une reprise de Harry Nilsson (et encore plus drôle, si vous cherchez les lyrics, vous trouverez même un lien sur le site du Monde qui la lui attribue également). Bien entendu, il n’en est rien, car elle a été écrite par Fred Neil.

On peut découvrir les deux versions et les comparer, en préférer l’une à l’autre. On note bien entendu les arrangements plus riches et une voix plus charmeuse et virtuose de Nilsson, mais l’original possède un éclat brut qui lui donne aussi une identité forte, très touchante également. D’ailleurs, je vous laisserai trancher sur la question de bon cœur pour savoir laquelle des deux méritent le plus vos faveurs.

Version originale par Fred Neil

Toujours est-il que la version d’Harry Nilsson fait partie de la culture populaire, pas celle du trop méconnu Fred Neil, auteur également de Dolphins qu’accaparera le tout immense Tim Buckley (le père de qui vous savez). Deux chansons de ce calibre écrites par le même auteur, forcément, cela devrait vous pousser à creuser la question si ce n’a jamais été le cas. Je dis ça juste comme ça, l’air de rien…

Bien entendu, ne voyez ici aucun dénigrement d’Harry Nilsson de ma part. Ce dernier mériterait lui aussi qu’on s’y attarde tellement sa voix et sa musique est belle (y compris en tant qu’auteur). Mais je crois qu’Audrey a déjà fait ce travail dans une autre vie… et qu’elle vous en reparlera à l’occasion. Donc, par ces mots, sans ôter les lauriers de l’un, je vous invite juste à redonner la couronne à l’autre.

Francis

Si, vous aussi, vous avez envie de parler d’une reprise qui éclipse l’original, vous êtes le ou la bienvenu(e) et vous pouvez nous contacter ici, .

2 réflexions sur « Rubrique: Une reprise qui tutoie les sommets- Everybody’s talkin’ »

  1. Bon, allez, je me lance. Les covers, ou les reprises comme on disait autrefois, ça me fait penser au jazz. Et tout particulièrement les titres provenant des comédies musicales des années 40, qui ont servi de vivier aux orchestres qui aimaient bien faire danser les auditeurs sur des morceaux qu’ils connaissaient par le cinéma. Mais certains musiciens sont allé plus loin et ont détourné d’innocentes ritournelles pour en faire des piliers d’une musique nouvelle.

    A titre d’illustration, voici un morceau à priori anodin, « My favorite things » réinterprété par John Coltrane. Je vous le présente dans sa version originale, et on voit bien qu’il ne s’agit pas d’un morceau important dans le déroulement du scénario, puis dans la version de John Coltrane.

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    1. C’est un truc que je n’ai jamais trop compris que des grands artistes de Jazz s’inspirent d’une mélodie ou une phrase musicale pour en faire autre chose en revendiquant la source, comme s’ils ne pouvaient pas créer par eux-mêmes (alors que bien sûr le résultat final est le même (mais pas sûr qu’une cover de jazz rapporte autant qu’un morceau original, et ça les rockers l’ont vite compris). Les musiciens de rock ne s’encombreraient pas d’un tel effacement (même si ce n’est pas forcément le bon mot). Le mot juste serait sans doute respect.
      L’exemple de Coltrane ou de Davis pose vraiment la question de la création. Les musiciens de Jazz créait à partir d’un matériau identifiable en interagissant entre eux. Les rockers « s’inspirent » (parfois juste parce qu’ils n’ont pas les moyens techniques de reproduire ce qu’ils écoutent) pour créer en se gardant bien souvent de donner la source.
      Et en même temps, ils ont raison, la chanson finit souvent par prendre sa véritable vie indépendamment de sa source, alors que dans le jazz, il y a toujours la trace de ce qui a servi de base (et l’exemple de My favourite thing l’illustre très bien). En fait, c’est comme les cubistes qui gardaient toujours une trace du réel en flirtant avec l’abstraction (voire en la rendant encore plus réaliste d’une certaine manière), un peu comme s’ils ne pouvaient couper les ponts avec la réalité qui les inspirait, alors que le quidam de l’époque n’y voyait qu’une abstraction ridicule.

      Comme quoi le rock et le jazz sont vraiment deux mondes et deux démarche totalement différentes.

      Francis

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