Rubrique- Défendre l’indéfendable? The Kinks de l’après 1971

Cette nouvelle rubrique tentera de donner une seconde chance à des groupes/disques qui ont pour une raison une autre auront perdu de leur éclat et/ou suscité une indifférence qu’on peut trouver injustifié.

1er dossier de la défense: The Kinks (illustré par « Word of Mouths » (1984) et en bonus « Sleepwalker » (1977))

Legacy Recordings France » The Kinks - Les albums des Kinks remasterisés et  en version numérique HD

On tient à remercier l’initiative de Rock&Folk de nous traduire les hors-séries d’UNCUT (magazine qui reste une référence absolue en matière de critique avec MOJO) sur les grands groupes et artistes qui ont marqué l’histoire et/ou qui continuent de le faire. Le grand intérêt de la démarche est de balayer toute l’histoire, certes avec les interviews d’époque (celui sur Lou Reed vaut son pesant de cacahuètes), mais surtout les disques avec un nouveau regard critique (celui de Lou Reed est aussi très intéressant). Ceci permet justement de se pencher sur les disques sortis après l’âge d’or et, ce que nous apprécions beaucoup avec Audrey, c’est cette grille de lecture offerte par chansons par chanson à l’aide de la classique note d’une à cinq étoiles. Ceci correspond exactement à notre regard, à savoir que le plus important n’est pas forcément l’album, mais bien les chansons (d’où la ventilation du blog chansons/albums).

Certes, un grand album contient généralement plein de chansons 5***** que tout le monde connait généralement. Mais cette grille de lecture permet surtout de redécouvrir certaines chansons (voire des albums par leur intermédiaire). Certes, on peut être d’accord ou pas avec ces notes, mais, force est de constater que globalement, ça tient la route (à +/- une * près on est d’accord à 90% avec la note en question et que les 5***** ne sont pas attribuées à la légère). Je me doute que cette approche donnera des boutons à certains, mais l’intérêt est aussi de redonner une chance à certaines chansons oubliées, parce que figurant dans le mauvais disque écrit à la mauvaise période.

Et là-dedans, pour les Kinks, ça donne quoi ? C’est justement le groupe par excellence pour lequel on délaisse les albums d’après Mushwell Hillbillies et on continue de lire régulièrement qu’ils n’ont plus écrit de chansons qui vaillent la peine après (y compris dans R&F ou sous la plume de l’excellent Nicolas UNGEMUTH). Pour ma part, les Kinks ont toujours été et restent parmi mes chouchous, parce qu’ils possèdent une sorte de grâce unique. Et qu’à leur meilleur, ils ont certainement tutoyé voire dépassé les plus grands. Certes, on peut dire que leurs albums sont peut-être un cran au-dessous, mais sur le format chanson, ils ont régulièrement terrassé la concurrence (pourtant sacrément fortes quand on parle de la seconde moitié des sixties).

Au regard de ce hors-série, l’analyse d’UNCUT tend à prouver que ces albums d’après 1971 méritent une nouvelle oreille. Certes, Low budget reste un album indigne. Certes, le son est sans doute moins sexy que dans les sixties, mais le grand Ray savait toujours trousser de grandes chansons. Et au regard des notes individuelles par chansons, le World of Mouth de 1984, avec trois titres à 5***** et trois à 4**** tient la dragée haute des heures fastes des sixties (et dans une moindre mesure le Sleepwalker de 1977 qu’on vous fournit en bonus). Et autant vous dire que nombre de disques qu’on considère comme des classiques des Kinks ou d’autres groupes n’ont pas eu ce quota d’étoiles une fois passé à la moulinette d’UNCUT. Est-ce pour autant qu’ils sont moins bons ? Évidemment non. Ils proposent certainement une alchimie unique qui fait toute leur grandeur et qui fait défaut à celui-ci. On peut dire ainsi qu’ils possèdent ce je ne sais quoi de plus qui dépasse leur simple contenu et qu’une chanson sortie de leur contexte en serait peut-être ou parfois affaiblie. Et a contrario, comme ici, une chanson peut exister et apprendre à briller en dehors d’un album et c’est tout le propos de cette rubrique. Mais, il faut admettre aussi une évidence, une accumulation d’autant de bonnes chansons ne peut que faire un bon album, seulement libre à vous d’en écarter les quelques scories qui pourraient vous le rendre artificiellement pénible.

Disons que nous sommes ici surtout sur un autre type d’écriture, moins spontanément mélodieuse, aux arrangements moins raffinés et plus dépouillés. Je dirais pour ma part que la magie ou l’alchimie kinksienne n’est plus tout à fait la même, et c’est ce qui nous en a certainement détournés. Mais c’est un Ray Davies qui n’a plus ni 20 ni 30 ans, et il serait naïf de notre part d’imaginer qu’il n’ait pas changé (surtout si on connait un peu la vie qu’il a eue). Certains n’y verront que du bon vieux rock, mais, derrière ce classicisme et parfois une volonté de plaire à un certain public, la gestuelle davisienne conserve une classe qui vaut plus que l’indifférence qu’elle suscite depuis des décennies (parce qu’à l’époque, d’autres groupes et artistes avaient sorti des choses plus excitantes). C’est en quelque sorte à nous de bousculer nos certitudes et nos préjugés à leur égard et de se rendre compte que Ray Davis est bien l’un des plus grands songwriters du siècle dernier malgré le fait d’être et d’avoir été…

The Kinks on TIDAL
C’est sûr qu’en 1984, ils étaient moins Dandy et classe que dans les sixties… on vous le concède sans lutter!

Alors, oui, on pourra débattre de la pertinence de ces notes, que certaines mériteraient plus ou pas ces égards. Et même si une chanson 3*** des sixties restera à mon sens toujours plus chérissable que celle de ces deux albums, je vous invite au moins à vous attarder sur les autres. Et l’idée est surtout de vous redonner envie de découvrir ce disque et de vous faire votre propre opinion (ou de mixer les deux pour faire votre propre compilation).

The Kinks: Word of Mouth (1984)

Word of Mouth - The Kinks - SensCritique

1-      Do it again  *****

2-      World of mouth   ***

3-      Good day   ****

4-      Living on a thin  line  *****

5-      Sold me out  ***

6-      Massive reductions   ***

7-      Guilty    ***

8-      Too hot    ****

9-      Missing persons   *****

10-   Summer’s gone    ****

11-   Going solo    ***

En bonus: The Kinks: Sleepwalker (1977)

Sleepwalker (The Kinks album) - Wikipedia

1-      Life on the road   ****

2-      Mr Big Man   ***

3-      Sleepwalker   ****

4-      Brother   ****

5-      Juke Box Music   *****

6-      Sleepless night ***

7-      Stormy sky   ****

8-      Full moon   ***

9-      Life goes on   ****

(notes « étoilées » extraites du R&F/UNCUT hors-série n°10)

Moose

Donc si, vous aussi, vous avez envie de défendre l’indéfendable, cette rubrique vous est ouverte et vous pourrez nous contacter ici.

3 réflexions sur « Rubrique- Défendre l’indéfendable? The Kinks de l’après 1971 »

  1. Dans la même optique de trouver de bonnes chansons chez des artistes ou groupes décatis, je m’étais dit récemment qu’il faudrait que je réécoute ou écoute les albums des Pixies après Bossanova ; je ne l’ai pas encore fait.
    Je ne l’ai jamais fait pour les Kinks, je me suis arrêté à l’album Lola (peu écouté).

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  2. Pour paraphraser le dico Assayas, une fois tombé sous le charme des « Green village » (approximatif, je vérifie pas) « Decline » les titres comme « Waterloo » « Sunny Afternoon » « Dead End Street » « David Watts » « Lazy Old Sun », impossible d’avoir une écoute tolérante.
    J’imagine que si on est inconditionnel des Kinks, si on se souvient de la force de « You really » ou « All day », cette écriture au carré, ce son rock stade US, tout ça passe car il y a la voix et quelques fulgurances mélodiques pour penser au passé.
    ça me fait penser au Who. je suis un inconditionnel, ils ont bercé mon adolescence à partir de « Quadrophenia », du coup quand j’écoute leurs faibles albums je suis indulgent car je retrouve assez de ce que j’aime chez eux;
    J’imagine la même chose pour les Kinks.
    Mais ce n’est pas moi du coup, trop attaché à leurs titres sensibles aux mélodies dentelles.
    Je ne suis pas chez moi je ne peux aps regarder le spécial Kinks, mais si il y a 5 étoiles pour « Do It Again » il faut monter à 7 étoiles par ailleurs.
    Bon, tout ça n’est pas bien grave, j’ai écouté le tout avec plaisir, mais comme je n’ai pas encore fait le tour des oeuvres du passé et que je n’aurai plus le temps d’être inconditionnel.
    Tiens, un titre comme « Guilty » démarre comme un hard + un chant à la Pete Townshend,

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