Les Galaxies du Rock (1-Nick Cave)- Rowland S. HOWARD: Teenage Snuff Movie (1999)

Bien que je n’ai pas l’impression que notre Galaxie du rock sur Nick Cave suscite l’enthousiasme, permettez-moi d’insister une dernière fois, avec un disque qui me tient particulièrement à cœur.

Autoluminescent: Rowland S. Howard | Clip 1 of 2 | Wednesday, 25 January,  9.30pm, ABC2 - YouTube

En me replongeant dans la Galaxie Nick Cave, je me suis rappelée ce disque. Et à sa réécoute, je ne vous cacherai pas que j’ai voulu tout connaître de son auteur tellement il m’immerge dans son monde. Ne vous laissez pas tromper par le nom du disque, car voilà une musique aventureuse à l’élégance folle, comme seuls les australiens savent en écrire.

Si les débuts de Rowland S. HOWARD sont à placer aux côtés du faux frère Nick Cave dans Birthday Party (ou des Boys next doors), de profondes divergences artistiques (et certainement des questions d’égo) les feront prendre deux trajectoires très différentes. A l’un, l’appel des projecteurs et une musique qui laisserait jaillir de plus en plus la lumière des ténèbres. A l’autre, l’ombre et l’underground et un esthétisme plus tourmenté et raffiné. Et entre les deux, un point de non-retour qui ne donnera lieu qu’à un unique rapprochement en 1984 lors d’un live au sein des Bad Seeds (cf extrait plus bas, mais ne vous fiez pas à lui pour la musique qu’on vous a choisie).

Si vous ne connaissez pas le loustic en question (décédé d’une hépatite depuis), il n’est pas forcément nécessaire de fouiller bien loin pour comprendre que sa trajectoire aura été plus ou moins dictée par sa dépendance aux opiacés. Les photos parlent d’elle-même, silhouette décharnée et maigreur extrême, mais également une allure particulièrement soignée de dandy décadent. Dis autrement, nous sommes certainement en présence de l’un des artistes des plus cultes d’Australie.

Avec le recul, il est évident que le côté le plus sauvage et ce qui impressionnait tant dans le son de Birthday Party provenait de lui, de son jeu de guitare unique. On pourrait presque dire que les termes « acéré » et « tendu » auront été créés pour son style unique et si marquant. Son œuvre reste sans doute limité, néanmoins, on le retrouvera ensuite dans l’aventure de The Crime and the City Solution, de These Immortal Souls pour deux albums et enfin deux albums solos magnifiques et diverses collaborations avec, entre autres, Nikki Sudden et Jeffrey Lee Pierce.

Pour autant, l’album en question est très accessible, fort loin du fracas de Birthday Party. Il n’y a qu’à écouter la reprise de White Wedding de Billy Idol pour comprendre la classe folle qu’elle renferme. Au contraire, elle propose ici une musique soignée et dépouillée, où chaque instrument sonne remarquablement, comme sur le fil de l’os en quelque sorte, mais tout en proposant de grands espaces. En effet, on y sent le souffle chaud des déserts, le rythme des cavalcades pour échapper aux orages prêts à éclater, le tout avec une lumière très particulière, comme sortie des ténèbres. Et on y découvre aussi une voix tout à fait fascinante, grave sans être profonde. D’ailleurs, ce n’est pas véritablement une voix de chanteur et pourtant sa présence est très forte. En fait, on la dirait revenue de tout. Elle avance, sûre d’elle, mais chantant à peine.

Bien entendu, ce n’est pas le genre de disque qu’on mettrait pour détendre l’atmosphère. Mais d’elle se dégage étrangement une très belle force intérieure, quelque chose qui nous fait nous redresser bon gré mal gré et donne envie d’affronter le monde qui nous entoure. Un disque qui pourrait vaciller, se terrer, mais qui fixe l’horizon au loin et nous dit : « c’est là que je veux aller ». Et, soudain, à notre tour, on a envie de le suivre, peu importe la destination, parce qu’il sait tout ce qu’on nous a toujours caché et parce que les ténèbres sont parfois plus belles que le soleil, dès lors que, comme Howard S. ROWLAND, on a pu s’en sortir vivant.

Pour le plaisir, et en bonus des témoignages d’artistes sur l’impact qu’aura son jeu de guitare…

Allez, disons-le, un disque tout simplement splendide.

Audrey

Rowland S. HOWARD: Teenage Snuff Movie (1999)

Teenage Snuff Film - Wikipedia

1- Dead radio
2- Breakdown – and then…
3- She cried
4- I burnt your clothes
5- Silver chain
6- White wedding
7- Undone
8- Autoluminescent
9- Sleep alone

La séance de ce drôle de film débute ici.

En bonus, pour avoir une idée de la dynamique qu’insuffle son jeu de guitare, rien de plus passionnant que cet unique et fameux témoignage live en compagnie de Nick Cave (attention à ne pas mettre entre toutes les oreilles), histoire de boucler la boucle de notre Galaxie Nick Cave:

PS : si vous souhaitez en connaître davantage sur le loustic, on se tient à votre disposition pour une prochaine fois, il suffit de vous manifester avec un petit commentaire.

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