Un petit vent de nouveauté (2): The Fleet Foxes-Shore (2021)

On va dire qu’on triche un peu. Certains auront peut-être remarqué que cet album figurait déjà dans notre classement des meilleurs disques de l’an dernier (et qu’il faisait partie des quelques uns que j’avais écoutés). Alors pourquoi en parler maintenant en tant que nouveauté ? Tout simplement parce qu’il n’était sorti jusqu’à présent qu’en format numérique. Donc techniquement c’est une nouveauté pour ceux qui souhaiteraient le posséder physiquement. Et, enfin, parce qu’après avoir écouté cette sélection 2020, j’avoue qu’il s’agit de l’un de mes préférés.

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Et en plus, le chanteur est très mimi!

Je connais les Fleet Foxes depuis leur premier album. Sans avoir forcément surpassé ce premier opus, leurs albums suivants ont toujours maintenu mon attention pour eux. Le groupe a depuis connu la défection de leur batteur, Josh Tillma, qui est parti formé Father John Misty (qu’on vous recommande également). Et cet album vient à point nommé récompenser notre fidélité. Pour ceux qui ne les connaissent pas, il s’agit de folk que l’on peu qualifier de rural, avec de merveilleuse harmonies vocales. Il y a pour moi quelque chose de très proche de ce que dégage les films de Terence Malik. On sent le souffle de la Nature imprégnée toute la musique. Et si vous voulez tout savoir, la date de sortie le 22 septembre dernier à 15h31 précises, en format numérique, avait été choisie pour coïncider avec le solstice d’automne, le tout avec un film montrant des images de la nature.

Vous aurez compris que cette musique possède la vertu de nous ressourcer. Il y a comme une forme de spiritualité à se laisser emporter par ces paysages sonores, cette instrumentation boisée et paisibles et ces voix qui nous connectent à l’univers. Si les Beach Boys et CSN&Y ne sont pas forcément loin, Robin Peckhold, le leader avec son visage et sa voix d’ange, possède une large palette de registres et sait désormais complexifier son écriture et les structures de ses chansons avec un versant plus aventureux.

Le petit film qui a accompagné la sortie du disque, avec ses images de nature

On avait ouvert une rubrique les chansons qui font voyager dans sa tête. Avec ce disque, il faudrait créer une rubrique pour les disques tout entier qui le font. Si les humeurs automnales du disque sont un peu en décalage avec la nature qui nous entoure aujourd’hui, elles portent en elles l’espoir qu’ici bas tout peut renaître. Il n’y a qu’à lever le bout du nez et regarder au loin pour se rendre compte à quel point nous faisons partie de ce monde et qu’il est merveilleux, dès le moment où l’homme admet la place qui est la sienne depuis toujours.

Vous aurez compris qu’il se dégage de cette musique une force positive, un détachement et un émerveillement des plus rares. On pourrait même parler de générosité à notre égard. C’est pourquoi il faut suivre et aimer ce groupe. Et si j’ai beaucoup parlé de musique, j’aurais dû tout autant parler de la voix, car c’est elle qui véhicule la note magique qui rend l’ensemble si unique. Dès le moment où elle nous prend par la main, on sent tout simplement bien.

Et pour finir, l’une de leurs plus belles chansons du premier album, juste pour le plaisir et vous donner envie…

Si certaines pourrait se targuer que tout ceci montre un individu un rien idéaliste et détaché de ce monde, il faut savoir que le groupe s’est, par le passé, engagé en faveur de Barack OBAMA et que certains albums montrent aussi des fêlures, des doutes, et c’est bien ce questionnement qui rend le résultat si intéressant. Et ce groupe se montre très distant à l’égard des majors. Et pour rien vous cacher, Robin Peckhold aura même après le second album, arrêté la musique pour reprendre ses études, a priori à la suite d’une période de déprime (qui infusera leur 3eme album). Bref, nous ne sommes pas face à un homme naïf qui refuse de voir la réalité des choses, mais face à quelqu’un qui doute et a pesé le pour et le contre, ce qui donne d’autant plus de force et de sympathie à son message.

Alors, cet album des Fleet Foxes figurera-t-il sur les listes des meilleurs disques de 2020 ET de 2021 ? On dira qu’il a toutes ses chances pour ceux qui ne jurent que sur le format physique. En tout cas, avec ce disque, on pourra dire que vous êtes bons pour repasser à leur d’automne un certain temps. Et que, finalement, avec l’aide de ce groupe, l’Automne pourrait être notre saison préférée…

The Fleet Foxes-Shore (2021)

1. Wading In Waist-High Water (02:15)
2. Sunblind (04:14)
3. Can I Believe You (04:04)
4. Jara (04:09)
5. Featherweight (03:51)
6. A Long Way Past The Past (04:00)
7. For A Week Or Two (02:12)
8. Maestranza (03:03)
9. Young Man’s Game (03:12)
10. I’m Not My Season (03:11)
11. Quiet Air / Gioia (04:28)
12. Going-to-the-Sun Road (03:59)
13. Thymia (02:23)
14. Cradling Mother, Cradling Woman (05:10)
15. Shore (04:20)

Toute la beauté de l’automne se découvre ici.

Et si, vous aussi, vous avez envie de nous parler d’une nouveauté, contactez-nous ici.

Audrey

6 réflexions sur « Un petit vent de nouveauté (2): The Fleet Foxes-Shore (2021) »

  1. Un excellent album, en effet. J’ai eu un peu peur au début du premier morceau (la fameuse première impression), mais dès que le morceau démarre, on ne peut plus lâcher l’écoute. Il y a en effet une sorte de phénomène « concept album » où les morceaux se suivent et se répondent. Le côté « gueule d’ange » de Robin Peckhold ne me concerne pas (oui, Zoh est un prénom masculin), mais sa voix est parfaitement en phase avec l’atmosphère de ce disque.

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  2. J’avais adoré (et j’adore toujours) leur premier album, ou au moins l’enchaînement des 4 premières chansons, magique, mais depuis j’avais tendance à penser qu’ils s’étaient un peu perdus, trop expérimental, moins touchant. Je les au vus en concert il y a quelques années et je crois être parti avant la fin, tellement je baillais (bon, j’étais peut-être fatigué ce jour-là et donc moins indulgent). Ce nouvel album retrouve un peu de cette magie du premier, en ajoutant l’expérience de toutes ces années. Moins de surprise donc, mais magnifique tout de même.

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    1. Et en même temps, c’est bien qu’un groupe ne recycle pas ce qui a fait son succès. Pour ma part, c’est ce qui avait maintenu mon éveil à leur égard. Et ce côté expérimental avait produit aussi de belles étincelles.

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  3. Oui, mais bizarrement ce n’est pas ce que j' »attendais » d’eux, si tant est qu’on attend quelque chose de précis d’un musicien ou d’un groupe. J’attends de Radiohead (ou de Thom Yorke en solo) toujours plus d’audace, mais pas forcément de Fleet Foxes. Et en live surtout, la sauce n’avait pas pris avec moi (mais comme je l’ai dit, les concerts, ça dépend aussi de l’humeur et de la forme dans lesquelles on est le jour J)

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