La chasse aux chansons (3): Daniel Johnston- Speeding Motorcycle

Cette rubrique a pour vocation de nous faire redécouvrir des chansons oubliées, parce que soit sorties dans un album pas terrible, ou par un artiste pas très bien considéré ou souffrant d’un son ingrat… Bref, autant de raisons qui font qu’on puisse passer à côté…

Il va de soi que Daniel Johnston ne tournait pas bien rond dans sa tête. Figure culte de l’underground rock US, il séjournera plusieurs fois en hôpital psychiatrique. Son œuvre est profondément marqué par un son Lo-Fi, souvent comparé à de l’art brut, on dira que, la plupart du temps, elle était enregistrée sur un simple magnétophone, sans aucun philtre, sans se soucier de l’éventuel pollution sonore environnante. Il s’en suit une musique parfois naïve, presque enfantine, mais des plus touchantes. D’ailleurs, il a été adoubé par les grands compositeurs US du moment tel que Tom Waits, Kurt Cobain, Sonic Youth ou Jeff Tweedy. Du fait de sa fragilité psychologique, il fut d’ailleurs souvent accompagné sur scène par la crème des groupes indie américains.

What Daniel Johnston's Drawings Mean Now | Pitchfork

Pour découvrir et peu à peu se familiariser et aimer cette chanson si particulière, on vous propose l’expérience suivante: écouter les versions qu’on vous propose dans l’ordre (et surtout de ne pas rester sur votre première impression).

Inutile de dire qu’écouter sa musique nous place parfois dans une situation assez inconfortable. Mais il s’agit d’un authentique génie, qui, depuis son décès en 2019, laisse derrière lui une œuvre à découvrir. Son univers mélange une naïveté enfantine désarmante où se côtoient humour et cruauté. Cependant, si sa musique reste assez peu connu du grand public, un morceau de lui a été régulièrement repris et illustre parfaitement ce sublime équilibre précaire.

La version originale brut de décoffrage (il est important de bien écouté cette version avant de passer aux suivantes (plus accessibles)

C’est notamment Yo La Tengo qui, les premiers, ont su dévoiler, derrière la relative ingratitude du traitement brut que fait subir Daniel Johnston à ses chansons, la grande beauté de ses mélodies. Elle figure sur Fakebook, leur remarquable album de reprises de 1990 que j’avais déjà proposé chez Jimmy. Elle montre ainsi ce qu’on peut découvrir sous le traitement parfois très particulier de son auteur.

La version parfaitement fidèle mais réarrangée par Yo La Tengo

D’ailleurs, le groupe réenregistrera la chanson avec lui quelques années plus tard. Le résultat n’est d’ailleurs pas sans rappeler les sessions de Syd Barrett sur son second album solo, où l’on devine parfois Gilmour bien en peine de suivre l’inspiration aléatoire de cet autre génie au bord de la folie.

Le même groupe, qui accompagne cette fois la voix du créateur quelques années plus tard

Et pour finir, ce témoignage Live de cette chanson qui vous montrera qu’au-delà de l’image du barjot lunaire, nous avions un type vraiment touchant, qui, certes, ne voyait sans doute pas le monde comme vous et moi, mais qui a su créer cette musique unique en étant certainement beaucoup plus lucide qu’on ne l’imaginerait (et probablement plus que vous et moi sur bien des choses).

Peut-être, comme vous, suite à cet article, vous vous rendrez compte qu’on peut écouter ce morceau en boucle, et ce, quelque soit le traitement qu’on lui aura fait subir. A chaque fois, elle nous touche d’une manière absolument saisissante. En tout cas, cela nous a donné envie d’y revenir, on tachera par conséquent de vous reparler de lui dans les prochains mois, histoire que nous puissions, à notre tour, décanter sa musique pour vous en parler plus amplement.

Et si, vous aussi, vous avez une idée pour continuer notre chasse aux chansons, contactez-nous ici.

Et n’oubliez pas qu’un petit commentaire fait toujours du bien à nos têtes…

Audrey

6 réflexions sur « La chasse aux chansons (3): Daniel Johnston- Speeding Motorcycle »

  1. Loué soit Daniel, gloire à lui. Merci Francis et Audrey de le remettre en avant, l’olibrius le mérite. Dans cette Blogosphère désertée par les anciens, vous faîtes figure de bon petits soldats partant fièrement au front. Excepté ce cher Charlu, et ce vieux boucanier de Keith Michards, quasiment évaporés les vieux. Seul Fracas émet des signaux, parfois de détresse. Il en faut du courage et Patrick n’en manque pas. Vous aussi. Vos posts appellent une réponse, mais pour des motifs pas toujours recevables, je ne commente pas. Qu’est c’-que commenter sinon parler de soi? Depuis quelques années, un petit trésor se tient près de ma platine. « The Story of an Artist » six vinyles dans six superbes pochettes. Un superbe livret et un splendide poster couleur accompagnent l’œuvre. Tous les dessins sont de Daniel Johnston. La musique de ces débuts; sa voix d’enfant (qui s’est épaissie au fil des ans), ses magnifiques ratages, son côté bastringue et ces mélodies éternelles. Gloire à DANIEL. Merci à vous Francis et Audrey.
    Eric.

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    1. Merci pour ce message. Oui, le délcin des autres blogues nous a poussés à nous lancer à notre tour. Et on se rend compte que ce n’est pas forcément simple de garder une cadence..
      Puor ce qui est de Daniel Johnston, si tu pouvais nous aider à nous y retrouver dans son œuvre, nous sommes preneurs!

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