Les theories du rock(5): le FUNK, ou l’art et la manière d’aimer ce qu’on n’aime pas (par Audrey)

Un billet qu’on a écrit principalement pour faire une passerelle avec les derniers articles de DevantF sur le Funk et sur Herbie Hancock (il nous a même devancés (normal avec ce pseudo!) pour vous proposer son album Head Hunter de 1973, du coup on s’est rabattu sur un autre) et ceux de Pascal Georges (justement sur Herbie Hancock).

VIDEO - Herbie Hancock, parcours d'un caméléon de la musique
Herbie Hancock avant le démon du funk

Cet article va tenter de vous expliquer ma relation très particulière avec un style que je n’aimais pas… le funk! Précisons tout de suite qu’il va falloir essayer de vous resituer dans les 80’s pour cerner mon parcours…

PS: si vous souhaitez participer aux compilations Couleur Printemps, nous diffuserons ce que nous avons reçu jeudi prochain, alors dépêchez-vous!

Une relation au départ plutôt mal barrée

D’abord, il y a eu le funk. Et ensuite, le Funk est devenu funky. Et c’est là que commence ma relation avec cette musique (ou plutôt ne commence pas). Autant vous dire qu’ado, je détestais le funky. Pour moi, c’était synonyme de Kool and the Gang avec le son 80’s qui allait avec (depuis, je sais qu’ils ont fait aussi de bons albums à leurs débuts). Vous connaissez peut-être le titre Fresh? Bon, je dois reconnaître que ce n’est pas forcément pire que certains trucs que j’écoutais alors… Mais bon, c’était clairement pas la porte d’entrée pour moi en matière de funk.

Et puis, on grandit, on prend du recul, on s’intéresse à d’autres genres, et le Funk apparait pour ce qu’il est : le prolongement de la soul qui aura ainsi été ma porte d’entrée. On peut d’ailleurs dire que cette dernière s’est scindée un peu en deux, avec d’un côté le disco et de l’autre le Funk. Et d’un seul coup, cela m’a parlé davantage.

Je crois même que c’est James Brown qui, le premier, m’a fait apprécier le funk, notamment avec ses morceaux de la fin des années 60, que je n’aimais d’ailleurs pas trop au début. Et pour rien vous cacher, je crois même que le déclic avait été l’un de ses live à l’Appolo que j’avais entendu par hasard chez un disquaire d’occase. Je m’étais dit que ce type avait de la classe de passer cette musique dans sa boutique. Et en même temps, j’ai ressenti à quel point le rythme du funk avait quelque chose de très sexuel.. mais de manière très masculine. Il y a là une pulsation qui ressemble étrangement à un coup de rein! Peut-être est-ce d’ailleurs ce qui m’avait dérangée au début…

Aujourd’hui, ce qui me saute aux yeux quand j’écoute du funk, c’est à quel point cette musique était jouée par des musiciens de qualité. Disons d’un niveau sacrément supérieur à celui du rockeur moyen. Et, puis, avec le funk, nous sommes face à une musique où l’élément rythmique est central. Vous allez me dire que le rock aussi. Mais on ne parle peut-être pas de la même chose, il ne suffit pas d’avoir un batteur pour s’occuper de la dimension rythmique de la musique… Et, ici, le but est de donner envie de bouger, pas uniquement la tête de haut en bas, comme les petits chiens qu’on mettait sur les banquettes arrière des voitures, ou de donner des coups de pieds à son voisin… Pas du tout. Je dirais plutôt de faire bouger les fesses et les pieds, avec les bras, en regardant dans les yeux la personne qui vous fait face.

C’est même un objectif important du funk (et de la musique noire en général). De manière générale, l’idée est bien de danser pour séduire l’autre (avec donc à nouveau cette dimension très sexuelle). A travers cette musique, on devine l’homme et la femme cherchant à communiquer avec son corps et à appeler le désir de l’autre, comme une large partie de la soul, mais avec quelque chose de plus cru. Or, pour le vrai rock, avouez que ça le fait un peu moins. Disons que le jeu est moins sensuel et plus rentre dedans…

Or, aujourd’hui, le funk est vraiment une musique que j’ai plaisir à découvrir (heu, pas forcément pour les raisons que j’évoque plus haut, bien entendu).

Le funk est-il une musique machiste?

On peut se poser la question. On peut en tout cas dire qu’elle est avant tout l’affaire de mecs. Certes, certains diront, oui, mais y a Betty Davis. D’abord, on peut dire qu’elle joue le jeu des mecs en livrant une image hautement sexualisée de la femme. Et, ensuite, on lui a fait lourdement payé, puisque ses disques n’ont pas marché et que, très vite, elle n’a plus pu enregistrer de musique.

Quand je vois les titres des chansons, peut-être ai-je l’esprit mal tourné, mais je subodore souvent qu’il y a largement plus qu’un sous-entendu dedans. Et puis, on peut dire que l’image machiste du rap vent certainement plus du funk que de la soul ou du disco. Et, comme par hasard, ces deux genres musicaux étaient nettement plus mixtes.

Donc, inconsciemment, cette dimension m’a toujours un peu dérangée étant jeune. Je dirais que le funk est plus écrit pour des adultes que pour des enfants ou des jeunes ados. A cet âge, si on est intéressé par le sexe, on préfère que ce ne soit pas aussi explicit et lubrique. Peut-encore encore plus du côté du sexe féminin, où on rêve sans doute un peu pus de romance que d’être vue à travers son corps en tant que véritable femme… Or le funk, quelque part, nous fait basculer de l’autre côté du miroir sur ce plan-là. On est face à des hommes et des femmes qui savent ce dont il s’agit et qui l’assument.

Un extrait de la giga compilation Funkaphonix

D’ailleurs, existe-t-il un autre genre pour lequel on associe autant les termes de torride, lubrique et moite? Je ne crois pas. Là, aussi, cela a longtemps contribué à en m’éloigner, parce que je ne recherchais pas ça à travers la musique, sans doute parce que trop frontal.

Jazz et Funk étaient fait pour s’entendre

Mais revenons à la musique strictement parlé. J’ai dit que j’ai apprécié le funk d’abord gràce à la soul et la qualité des musiciens. Cette qualité musicale alliée à l’utilisation des cuivres (surtout dans les 70’s, d’où la différence majeure avec le funky en question) offre en ce sens une relation forte et naturelle avec le jazz. Je ne suis pas historienne de la musique, mais il est possible que l’apparition du funk ait certainement offert aux musiciens du jazz des solutions à des questions qu’ils se posaient certainement, et qu’ils n’avaient peut-être pas envisagé à cause de leur évidence.

Toujours est-il que le funk est véritablement un univers à lui seul, mais qu’il est aussi une création des musiciens noirs (c’est certainement aussi l’une des raisons qui ont fait que cette musique ne me parlait pas étant jeune). Et je ne suis pas certaine qu’il y ait eu beaucoup de musiciens ou d’artistes blancs crédibles dans le ce genre. En tout cas, leurs noms n’ont pas laissé une grande empreinte dans l’histoire. Bien sûr, les petits blancs ont injecté du funk dans leur musique, jusqu’à l’en vider de sa matière… et à le rendre inoffensif et aseptisé. Ou en faire tout autre chose, comme les Talking Heads (en lui retirant ici notamment toute sa dimension hautement sexuelle).

Pour revenir au rapprochement du jazz et du funk, il me vient spontanément un nom : Herbie Hancok. Ce qui est curieux, c’est que le jour où je l’ai évoqué dans le billet de DevantF, le lendemain, je voyais son nom apparaître chez Pascal Georges et quelques jours après, je le voyais à la TV en regardant le film Valerian de Luc Besson avec mes enfants… C’était comme si j’étais cernée.

Donc, voilà, on va vous en proposer. Au passage, j’ai récupéré un certain nombre de ces albums grâce à un lecteur de Jimmy (et honte à moi, je ne sais plus son nom, mais s’il se reconnait qu’il se manifeste pour que je lui redise merci).

Le cas Herbie Hancock

Pendant longtemps, le nom d’Herbie Hancock a uniquement été associé dans ma tête au morceau Rock it, dont je n’ai jamais été particulièrement friande. J’avoue que je ne voyais pas trop en quoi la trame centrale du clavier à un doigt (bon, le clip montre qu’il en utilise plusieurs, mais Depeche Mode devait pouvoir le jouer avec un doigt) pouvait être à ce point remarquable si ce type était un soit disant génie. Il faut dire que j’avais 12 ans, je me disais que j’étais peut-être trop jeune pour comprendre… Donc il m’a fallu ces albums des 70’s pour ça. On va dire presque 30 ans plus tard en fait… Et le but de cet article va tâcher de vous montrer qu’il a fait nettement mieux dans sa carrière.

Et je crois me rappeler que ce clip m’effrayait un peu…

Bien sûr, le jazz/funk n’est pas toujours d’une musique facile, mais l’intensité qu’elle dégage rend inutile toute présence de voix (alors qu’il s’agit souvent de la porte d’entrée des mélodies pour le rock et, par conséquent, ce que je recherche généralement en premier lieu). Cela dit la compilation que je vous propose en bonus (plus bas) laisse une large part aux instrumentaux funk…

Donc, pour compenser cette absence de voix, à la place, il faut occuper cet espace, créer quelque chose qui relance sans cesse notre éveil et notre intérêt pour ce qui arrive à nos oreilles. Et la force de cette musique provient justement de cette capacité à créer à la fois un cadre fixe qui capte l’oreille (mais mouvant) et de permettre aux musiciens solistes de s’accaparer l’espace librement. Et, dans le jazz, tout est dans l’interaction entre musiciens.

C’est ce qui me fascine dans le jazz. Sans doute, est-ce naïf mais il n’y pas de chef d’orchestre pour guider les musiciens, mais tous jouent et surtout créent en fonction des uns des autres, alors qu’on devine combien l’ensemble est complexe. On sent une vibration entre eux, quelque chose qui les pousse à se donner entièrement, avec à la fois le plaisir de se mettre en avant et de s’effacer au profit des autres. Le jazz est vraiment affaire de rencontres. Le connaisseur connait souvent le parcours de chacun

Pour autant, ici, les amateurs de funk ne seront pas en terre étrangère. D’ailleurs, sur Palm Grease, j’ai toujours l’impression que la voix de Georges CLINTON va débouler. Et écoutez ce rythme sur Actual Proof, il est tellement saccadé, (et souple en même temps), sophistiqué et complexe; pris isolément, on dirait de la jungle avant l’heure.

Sauf que ce funk/jazz échoue sur un point : il ne vous donne pas forcément envie de danser, mais plutôt de bouger les doigts sur un clavier virtuel, d’agiter les mains avec des baguettes aux doigts, de pincer les cordes d’une basse en balançant la tête ou de souffler dans un saxo. Mais c’est aussi une victoire. En soi, d’ailleurs, je rejoins complètement le propos de Pascal (sur son premier article sur Hancock), même si je n’ai jamais pratiqué d’instruments. Il communique l’envie de faire de la musique (même si, comme moi, on est incapable d’en saisir toute la complexité dans le détail et encore moins de l’expliquer).

Bref, si vous êtes réfractaire au jazz ou au funk, ce disque est un sésame pour vous (bien entendu avec le Head Hunter que la dropbox de DevantF propose), à condition, bien sûr, que vous n’aimiez pas ni l’un ni l’autre.

Herbie Hancok- Thrust (1974)

1- Palm Grease
2- Actual Proof
3- Butterfly
4- Spank-A-Lee

Pour funker dans le jazz, c’est ici!

Pour les amateurs de funk, je vous propose cette giga compil de 6 CD Funkaphonix qu’a proposé le blog It’s only rock’ roll dernièrement:

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Et, vous l’aurez certainement compris, si vous souhaitez nous proposer vos propres théories musicales sur le rock (au sens large), contactez nous ici, car vous êtes les bienvenu(e)s!

Audrey

6 réflexions sur « Les theories du rock(5): le FUNK, ou l’art et la manière d’aimer ce qu’on n’aime pas (par Audrey) »

  1. Bonjour Audrey,

    D’abord merci pour le coup d’éclairage, c’est sympa.
    J’ai été très intéressé par l’angle d’approche de ton article qui résume parfaitement la sensation qu’ado le funk (contrairement au disco – je parle générationnel donc) installe.
    Au conservatoire, on a en musiques actuelles essentiellement des ados et une année on s’est embarqués dans un projet funk (mené par ailleurs de mains de maitre par mon collègue qui justement lead LE groupe funk marseillais : GUST, que je te recommande d’aller écouter).
    Je ne vais pas dire que ce fut un fiasco, mais que ce fut difficile.
    Chaque prof s’y est mis et pour ma part j’avais un groupe d’élèves entre 13 et 15 ans et cette connotation physique (voir +) c’est pas franchement ce qui leur parle… normal (!).
    Ils sont « raides », le corps oscille peu et engager une rythmique syncopée crédible et donc implicitement « dansante » ce n’est pas dans leur immédiateté culturelle et physique… ils ont tout de même relevé le challenge et j’avais choisi pour y arriver « Fame » de Bowie, « Cream » de Prince et « Hill Groove » de Satriani. Concessions déviantes ou parallèles afin d’entrer dans le genre par la porte la plus proche de ce qu’ils écoutaient à cette époque.
    Jury dans un conservatoire et face à un projet identique j’ai eu à constater les mêmes choses face à cette tranche d’âge.
    Première remarque qui m’est venue face à ton article et les questions/constats/réflexions qu’il pose.
    Je pourrais étayer, car c’est vraiment très pertinent que ce que tu as ciblé là.
    Ceci dit, j’ai tenté de faire jouer le funk à des adultes – pas simple non plus, ça reste donc une démarche mais aussi finalement culturel et ça rejoint technique instrumentale, ouverture improvisée et souvent, donc, jazz…

    Funk et funky…
    Je te dirais la même chose avec Jazz et jazzy…
    « je préfère ne pas faire de jazz plutôt qu’avoir un groupe qui se la joue jazzy » – c’est une remarque mise récemment sur le tapis, mais dont déontologiquement j’écarte le protagoniste, pas le choix…
    Ca, tu peux le décliner dans tous les sens.
    Des jazzmen qui jouent rock, en général c’est plutôt foireux, ou alors c’est une catégorie à part qui mixte, une sorte d’école (steely dan, rickie lee jones, michael franks et même parfois zappa) et c’est pointé du doigt par les rockeurs, car… (le jazz rock ?… là encore c’est un bloc à part et rares sont les mecs qui comme Jeff Beck – Wired en particulier – ou Jack Bruce réussissent vraiment à le rester – rock…)
    Donc pour récupérer avec talent ou plus rare, génie, un style musical voisin et être réellement crédible c’est pas gagné…
    Les américains y arrivent mieux, normal ils sont biberonnés au jazz ou du moins à Sinatra, Armstrong, etc… et ils apprennent ça à l’école (il y a de la culture jazz chez Journey – « Look into the Future », Santana – « Caravanserai » – évidemment, Toto – « Jack the bone » – et autres comme BS&T qui fusionne les genres rock/funk/jazz …).
    Pour les artiste jazz qui se sont décalés vers le funk, ce sera souvent l’instrumental qui aura été relativement accepté, car dès que ça chante… la critique y va bon cœur ( Al Jarreau, Benson).

    La scission commerciale du disco a mis le funk à la portée de tous et sous ces carpettes de grosses caisses plombant le temps (abomination à l’extrême avec Cerrone qui a fait croire et comprendre qu’en tapant les deux pieds ensembles sur la pulse ça faisait direct effet puisque d’un côté t’as le beat et de l’autre par effet mécanique la charley qui s’ouvre…), alors qu’en funk elles se combinent avec la basse, le jeu est devenu funky…
    Guitares funky de Nile Rodgers, Groove récupéré en commercial par EWF en let’s, Funky Town de Lipps Inc avec comme seul rapport ce passage avec la rythmique de gratte…
    Y’en a un paquet, je les connais tous par cœur, pourquoi ?… Parce que c’est ce côté « funky » associé au disco qui se combine avec cette surface « années 80 » qu’on arrive encore à me demander quand je signe en groupe et de plus en plus rarement (le pouvoir des DJ), de la soirée type mariage avec groupe pour jazzer/jazzy apéro, popiser/softly repas et danser/funky et rocky/poppy, après (je laisse les playlist faire le reste – y’a des trucs que je refuse de jouer…).
    Ca n’empêchera pas de s’éclater… il y a toujours du plaisir à prendre quand on joue de la musique.
    Alors, effectivement les gens « s’assimilent » (autre point de ton article).
    Ils s’inventent sans réellement « danser » pour certains, guitaristes, batteurs, quelquefois claviéristes, ce mimétisme corporel passant avant la réalité corporelle.
    Tu as donc fait mouche à bien des égards et titillé ma réactivité.

    Alors quelques « blancs becs » tout de même pour conclure ce départ d’échanges :
    Michael McDonald est très funk(y), normal, il reprend la Motown et a la voix blanche la plus soul qui soit.
    Average White Band est lui par contre un vrai groupe funk, on y croit réellement – bon c’est pas JB, mais qui peut vraiment se placer au niveau de JB ? – « Person to Person » un live justement peut faire pencher vers ce groupe que j’adore…
    Bon y’en a forcément d’autres, deux c’est peu, mais c’est ce qui m’est venu de moins funky… funk donc.

    Pour conclure Headhunters et Thrust sont les grands Herbie qui placent le jazz/funk en rencontre effectivement inévitable et logique et Herbie avec la SF Valerian (que j’ai regardé aussi tant qu’adoré et dont j’ai toutes les BD) y’a là comme une logique qui n’aura pas échappé à Besson, friand forcément de rapports/clins d’œil, etc…
    Je n’en ai pas terminé avec le H.H funk…
    Saison 3 en cours de route… mais c’est carrément une « saga », ce qui n’est pas pour me déplaire d’ailleurs…

    Encore merci.
    Bonne semaine et bien bel article.

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    1. Très intéressant, ton témoignage. De toute façon, je pense que culturellement, les occidentaux ont un problème avec le corps et la danse, que n’ont pas les africains.
      Je trouve le rythme du funk paradoxalement très « raide », peut-être que le mot « sec » serait plus juste. Surtout chez James Brown et ceux qui vont le suivre. C’est certainement plus difficile à danser que sur le disco ou tu es porté par quelque chose finalement de très simple sur le plan du rythme qui est très fluide (voire simplissime). On risque pas trop de se planter. Le funk est globalement plus complexe, avec des rythmes parfois très « serrés ».

      Et puis, le disco mets en avant la mélodie. Funky Town, c’est imparable. Tu as envie de bouger dessus. C’est plus fort que toi. Disons que ça te prend par la main sur la piste de danse. Le funk est plus élitiste, quelque part. Le funky va aider à rompre cette barrière et devenir plus « sautillant ». Je serais certainement moins sévère aujourd’hui sur le funky. A l’époque, j’étais plus Depeche Mode que James Brown! ^-^

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      1. Un parallèle :
        – Occident, un enfant lâche enfin prise pour faire ses premiers pas. La famille applaudit de bonheur et lui tend les bras pour l’aider dans son premier chemin.
        – Afrique, un enfant lâche enfin prise pour faire ses premiers pas. Un cercle se dessine autour de lui et un rythme frappé par ces mêmes mains l’incite à trouver son chemin sur un battement pour rythmer ses pas.

        Une aberration :
        Méthode o’paso…
        Au brésil d’où cette récupération pédagogique à l’occidentale est issue, on apprend les rythmiques du samba en dessinant un carré sur le sol et à l’intérieur de ce carré se modulent les figures et patterns rythmiques que l’on peut ensuite observer dans plusieurs axes culturels tels que le carnaval – bien sûr – mais aussi la capoeira.
        Le corps… le rythme… la tradition et un patrimoine autour de cela.
        France…
        Une bande de zozos découvre tel une poule devant un couteau (pour reprendre Keith récemment) ce « système ».
        De cours en intellectualisme cérébral ils vont en décliner une « méthode », s’organisent en asso et font lucratif de « stages » pendant lesquels ils arrivent à te démontrer que chanter J.S Bach en marchant et faisant un carré sur le sol, c’est mieux et que ça permet une réalité rythmique corporelle…
        Alors tu vois (et entend) une chorale qui chante une cantate de Bach en dansant le carnaval, forcément à chaque pas la voix tressaute, mais bon, ceci dit vu qu’il faut de la place pour chaque individu ça résoudrait peut être les règles de distanciation COVID et permettrait de refaire de la musique en pratique collective 😉 …
        J’assiste à un de ces « stages » car formation pro oblige je peux pas trop décliner – je ne manquerais pas d’intervenir et de passer pour un vieux con réac’ – comment ? Tu ne trouves pas que Bach Beethoven ou Brahms en marchant dans un carré c’est pas mieux ? Tu joues quoi comme musique ? Ah ? Actuelles ? Jazz ? bah essaie tu verras tu joueras « mieux »… C’est sûr que je vais marcher debout derrière mes claviers, en carré de surcroit afin de plus de groove…
        Donc.
        Le summum de la connerie de récup’ à l’occidentale qui fait commerce…
        Alors, tels des échappés d’une « secte » ces mecs arriveraient presque à te dire que tu es « arythmique » et qu’en fait tu n’en as pas conscience mais que grâce à leur méthode tu vas réapprendre ce truc qu’est le rythme en musique.
        Ils ont juste oublié que Bach, même si c’est métrique et blindé de figures régulières, ça se joue avec un esprit qui s’appelle le mouvement, ledit mouvement issu justement de danses (suites de danses) et que celui du défilé brésilien n’a pas grand chose à voir avec le pas de bourrée ou d’allemande ou de sicilienne sur lesquels repose cette musique qu’on a intellectualisé mais qui se fixe sur des fondamentaux populaires.

        J’ai été engagé y’a longtemps déjà dans un groupe de bal folk irlandais (Ceili) et la première chose qu’on m’a appris afin de jouer « comme il faut » c’est à danser ce que je jouais puisque c’était son but.
        La différence a été la non intellectualisation récupératrice, juste faire vivre la musique par ton corps et la façon la plus naturelle.
        Et la véracité contextuelle.
        On a un problème avec le rythme… mais le pb c’est qu’on intellectualise toujours les solutions.

        Je te la fais plus « technique »…
        On a pour habitude de commencer avec la prime enfance par la figure rythmique de ronde (4 temps). T’as déjà vu un gamin se poser 4 temps à un tempo entre 60 et 74… ? Pour lui c’est un temps proche du terme mort… C’est une forme d’inactivité qui n’est pas dans son corps.
        Alors que, naturellement il court (double croches), ou marche plutôt rapidement (croches) et quand il s’arrête c’est au mieux une noire (il respire) et une blanche c’est vraiment un arrêt…
        On fait tout à l’envers…

        Je reviendrais sur le côté sec du funk.
        à +

        J’aime

  2. Très chouette papier. Et quel univers, Soul, Funk, Disco. ET cette tiquette? « rythm’n blues » non, pas R&B.. quoique? J’ain un copain qui m’a ouvert vers le Jazz, les musiques de films, la musique « moderne » brésilienne et le sunshine pop. Aujourd’hui il a décidé (pour l’instant) de se réfugier dans la Soul, un forum très pointu sur le sujet dans lequel il intervient. En ayant abandonné le reste tellement son choix est vase en fait. Et encore, lui, c’est la soul classieuse, pas d’affinité avec celle qui « transpire » JB mais aussi la génération Ottis Redding. Une école reprise avec bonheur par les « Blues Brothers » en leur temps, déjà dans le film c’était considéré comme une réhabilitation.
    Je me disais, pour rebondir sur ton papier mal lu peut-être? « Danser »? Sur JB il y a une belle invitation à la transe je trouve .Mais tu parlais peut-être de HH seulement? J’y retourne

    J’aime

    1. Oui, j’avais mal lu, tu ciblais ce mix Funk&Jazz. Tu parles très bien avant de cette transe … charnelle effectivement. Reste le point de Ranx, c’est que tout ceci débouche sur le Hip-Hop, et là encore…. Pfff énooorme et si peu de temps, mieux vaut ne pas aimer Ha ha ha car sinon c’est foutu!! Le Hip Hop la suite du …. rock?

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      1. Oui, le hip-hop, c’est tellement plus que ce que qu’on imaginait à l’époque en regardant de loin. Et le rap a clairement pris la suite du rock en termes de posture rebelle. Les punks étaient presque déjà à côté de la plaque, c’était le chant du signe.
        Mais maintenant, le rap est devenu tellement mainstream et la norme, qu’écouter du rock quand tu es jeune est presque un signe de rébellion à nouveau. ^-^

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