A redécouvrir (9)- The Nerves- One way to ticket (2008)

Ne vous fiez pas à la date de parution de ce disque. On va parler d’une groupe qui a sévi de 1974 à 1978. Pendant cette période, ils n’auront jamais sorti un vrai album, aussi ce disque regroupe l’essentiel de leurs enregistrements

Pop On The Run: U.S. Power Pop; The Nerves - One Way Ticket (2008 Alive  Records)

Pourquoi s’attarder sur lui? Tout simplement parce que nous souhaitons consacrer un zoom sur Peter Case et qu’il s’agit de sa première formation. Or celle-ci est entrée dans l’histoire du rock pour plusieurs (bonnes) raisons. Et puis, vous ne le savez peut-être pas, mais vous connaissez certainement un de leurs titres…

Dire qu’il s’agit de la formation de Peter Case est très erroné. En effet, le groupe disposait de trois compositeurs. A ses côtés, on trouvait surtout Paul Collins, qui formera Paul Collins Beat à qui certains vouent un petit culte et Jack Lee, le moins connu mais à qui l’on doit pourtant leur morceau le plus célèbre parce que repris par Blondie (et également d’avoir écrit en solo Come Back And Stay que rendra mondialement connu Paul Young dans une version nettement moins dépouillé et rock (inutile de vous dire que la version originale mérite d’être redécouverte)). Autre fait d’armes, ils jouaient sur des Rickenbackers et portaient des complets veston noir qui inspireront le look de The Jam.

Alors, ça vous parle?

Pour rien vous cacher, ce groupe a longtemps fait partie des mystères que j’ai dû affronter étant adolescent. A l’époque du collège, je notais sur un petit carton une liste de groupes que je cherchais à connaître. Or, The Nerves et The Plimsouls ont longtemps figuré dessus (avant de disparaitre, faute de les avoir trouvés) aux côtés de Wire, The Velvet Underground, Byrds, les Swell Maps, The Violent Femmes etc.. Oui, je parle d’un temps où on ne trouvait pas en deux clics toute la musique du monde. Il fallait soit trouver une âme qui la connaissait, soit débourser son petit pécule pour la découvrir. Ensuite, il y a eu les médiathèques, mais elles n’avaient pas la plupart de ces groupes. Il est vrai aussi que j’avais un peu oublié The Nerves. C’est par l’intermédiaire d’un ami découvert par hasard au Restaurant Universitaire (grâce à un autocollant de Couleur 3, la fabuleuse radio suisse romande) que j’ai pu découvrir leur musique des années plus tard.

C’est-y pas jubilatoire?

Le groupe fait partie des meilleurs d’un genre très à part qu’on a appelé la Power pop. Quand on écoute cette musique, on se demande pourquoi certains cherchent midi à quatorze heures. En effet elle est d’une telle évidence, écrite avec tant d’énergie communicative, qu’elle retrouve, intact, l’esprit originel du rock qui animait un groupe comme les Beatles des débuts (tout comme eux, les Plimsouls, le 2nd groupe de Peter Case, reprendront Dizzy Miss Lizzy, mais on y reviendra, soyez en sûrs). Je dois dire que je suis un peu passé à côtés quand j’ai enfin pu les écouter, parce que ce genre ne me parlait pas trop. Disons que je cherchais d’autres choses. Curieusement, plus je vieillis et plus cette musique me parle désormais.

Il est très difficile d’expliquer pourquoi elle est importante tellement on est désarmé face à tant de simplicité et d’évidence. Or, je suppose que tout musicien sait que le plus dur n’est pas de faire compliqué mais au contraire d’aller au plus simple, parce qu’il n’y a rien derrière quoi se cacher. C’est justement le petit miracle que propose la musique de The Nerves, cette petite étincelle qui condense l’essentiel en 2/3 mn.

Sublime. Un véritable classique!

A l’époque, The Nerves avait tout pour être énorme, avec leurs chansons d’une efficacité redoutable et plein d’enthousiasme et de fraicheur. Ecouter cette musique dès le matin, c’est forcément débuter du bon pieds et se dire qu’une bonne journée commence. C’est même plus que ça, un véritable blindage contre la morosité et le cynisme du monde.

Mais trois compositeurs dans un même groupe, ce n’est pas fait pour durer. Et puis, le punk a un peu bousculer les choses. Si leur esprit très « garage » était compatible, il leur manquait peut-être le cynisme ou le nihilisme du mouvement. Aussi, ils se sont séparés avant d’avoir enregistré leur premier album. et la plupart de leur production est longtemps restée culte et confidentielle.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, cette musique est disponible et mérite d’être redécouverte. Alors profitez de cette compilation aux allures de classique pour découvrir ce groupe particulièrement séminal

The Nerves- One way to ticket (2008)

One way ticket
  1. One Way Ticket
  2. Paper Dolls
  3. Hanging On The Telephone
  4. When You Find Out
  5. Working Too Hard
  6. Gimme Some Time
  7. Walking Out On Love [The Breakaways]
  8. Thing Of The Past [The Plimsouls]
  9. It’s Hot Outside [Jack Lee]
  10. Many Roads To Follow [Peter Case and Paul Collins]
  11. Are You Famous? – (live)
  12. Why Am I Lonely? – (live)
  13. You Won’t Be Happy – (live)
  14. Any Day Now – (live)
  15. Letter To G. – (live)
  16. Come Back And Stay – (live)
  17. I Need Your Love – (live)
  18. Stand Back And Take A Good Look – (live)
  19. Are you famous (demo)
  20. Letter to G (demo)]

Pour s’énerver, c’est sans doute par là.

Et si, vous aussi, vous avez envie de nous faire redécouvrir un disque, contactez-nous ici.

Francis

7 réflexions sur « A redécouvrir (9)- The Nerves- One way to ticket (2008) »

    1. Bon comment dire. J’ai réécouté mais toujours sans trouver la moindre aspérité qui m’accroche. Ce groupe m’a laissé indifférent. Pas mal mais sans être assez bien pour générer un intérêt. Du réchauffé. Du décongélé. Le Case de Peter m’intéresse, mais pas sur ce versant là.
      Désolé

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      1. C’est sans doute moins bon que les Plimsouls. Disons que j’étais un peu comme toi il y a quelques mois. Mais c’est en réécoutant Blondie que j’ai eu envie de leur donner une autre chance. Et bien m’en a pris pour ma part. J’apprécie ici l’évidence et l’économie de moyen de la démarche.
        Et franchement, mêmes si je ne les écouterai pas tous les mois, j’ai vraiment pris plaisir à les redécouvrir suite à notre souhait de creuser le travail de Peter Case. Moi, je trouve qu’il mérite leur statut de groupe culte.
        En tout cas, tu vas voir, on va proposer un album de reprises des chansons de Peter Case et je suis sûr que tu vas redécouvrir comme moi la qualité des compos de celles qu’il avait écrit avec The Nerves.

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  1. The Nerves, Plimsouls, Paul Collins’ Beat, The Zippers, 20/20, Shoes, The Cars … merci à Philippe Garnier qui nous faisait découvrir tous ces groupes en direct de Los Angeles. Jack lee était le plus rocker des trois larrons, il a sorti un premier album qu’il a intitulé « Jack Lee’s greatest hits Vol 1 », mieux que le Sir Douglas Quintet qui avait nommé son premier album « the Best of Sir Douglas Quintet « . Le problème c’est qu’on a jamais vu sortir le Vol 2, dommage et finalement c’est pas si mal car je trouve rien à redire sur sa discographie. Les Pistols n’ont sorti qu’un Album, les Dolls deux, les stooges trois et c’est très bien.
    The Nerves le mythe de la Power Pop ouais !
    Duke

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