A redécouvrir (10)- The Plimsouls… Plus (1992)

On dédie cet article à notre cher et regretté Fracas qui nous manque tant.

On continue l’histoire de Peter Case. Pour cela, nous vous proposons leur premier album éponyme de 1982 combiné avec leur EP Zero Hour de 1981 . Nous voilà donc de nouveau dans de la musique US dans ce qu’il y a de plus pur, toutes guitares dehors (mais sans un seul gramme de gras dedans).

En tout cas, voilà un groupe que nous avons plaisir à chroniquer. Pour rien vous cacher, à part sa musique, on ne connaît pas grand-chose de lui. Comme pour The Nerves, il faut écouter et réécouter leurs disques pour découvrir l’âme qu’elle renferme et ses bienfaits sur la nôtre. Pour les sceptiques, ici, c’est encore meilleur, car, étant seul maître à bord, le talent de Peter Case y est encore plus évident.

Les Plimsouls

On aurait bien choisi Everywhere At Once (1983), leur disque suivant qui est absolument fabuleux, mais Fracas l’avait proposé il y a quelques années, et vous pourrez trouver ce qu’il en disait ici. Pour ma part, il fait partie de ces disques qui, quand je les écoute, me mettent de bonne humeur pour toute la journée, comme peuvent l’être le premier Specials ou English Settlement d’XTC ou l’album éponyme des Woodentops ou, bien sûr, certains Beatles. J’ignore si c’est physique ou physiologique mais ils vous baignent d’énergie positive qui se diffuse dans votre cerveau et vous donne envie de sourire, mieux que toutes les pilules soit disant magiques.

Cela dit, cette édition que nous vous proposons du premier disque du groupe, augmenté de leur premier Ep, est du même tonneau. Oui, dans le genre, je mettrais pas mal de mes disques à la poubelle pour garder ces deux-là.

A dire vrai, il y a presque débat pour savoir lequel est le meilleur… Peut-être nous aiderez-vous à les départager…

Un extrait de leur autre album

Pour le petite histoire, Peter Case a donc formé les Plimsouls après The Nerves et le projet avorté des Breakaways avec Paul Collins. On peut dire qu’il s’agit de son vrai premier vrai groupe, celui où on a pu découvrir son étincelant talent à écrire des chansons racées, élégantes et en même temps spontanées. Là aussi, on ne peut qu’être admiratif de tant de simplicité. Une écriture qui va droit au but et qui marque à chaque fois.

Or, cet art de l’écriture était presque devenu anachronique dans les 80’s entre musique pleine de synthés et hard calibré FM ou funky clinquant. Les Plimsouls, eux, débarquaient toutes guitares dehors, leurs chansons brandies en bandoulière, sans doute utopiquement certain que le monde avait encore besoin de cette musique authentique et spontanée.

Ce premier témoignage du groupe possède un son plus tranchant que le second et difficile de déterminer lequel des deux contient le plus de classiques. A dire vrai, il est inutile de compter, le mieux est de prendre les deux sans se poser de question. Et on se trouve là typiquement devant une musique américaine avec ce qu’elle a de meilleur, mais détachée de ses racines folk ou blues (mais qu’il retrouvera en solo). Les Plimsouls sont à la recherche d’une sorte d’esprit originel du rock qui n’aurait peut-être jamais vraiment existé à part dans leurs têtes mais qu’on est pourtant certain d’avoir déjà entendu. Une sorte de terre promise.

La voix de Peter Case y est d’ailleurs pour beaucoup. Difficile de la définir. Elle fait partie de celles qui donnent l’impression d’avoir toujours été là. En fait, il y a tellement de naturel dedans, qu’on ne l’entend pas. Je veux par là qu’on ne remarque pas à quel point le chanteur est bon et qu’il est pour beaucoup dans la fabuleuse dynamique qui habite les chansons. Mais elle sait faire passer des choses plus subtiles, en disant ce que les mots ne disent pas (notamment dans The oldest story in the world sur l’album suivant mais encore plus en solo).

Notre cher Kid Pharaon national a dû l’écouter plus d’une fois…

Malheureusement, avec Peter Case, les choses ne durent jamais très longtemps et il abandonnera une nouvelle fois son groupe pour une carrière solo loin des projecteurs mais pour produire une musique tout aussi authentique et pleine de cette générosité d’âme qui le caractérise (même si j’ai découvert qu’il avait enregistré un autre disque avec ce groupe dans les 90’s en écrivant l’article). Indéniablement, on peut dire que la musique des Plimsouls n’aura jamais changé le monde, mais il parait meilleur quand on l’écoute. On appellera cela la touche magique de Peter Case. Dans tous les cas, faites l’essai, et dîtes-moi si ça vous fait pareil.

The Plimsouls: … Plus! (1993)

1. Lost Time (3:42)
2. Now (2:59)
3. In This Town (2:37)
4. Zero Hour (2:33)
5. Women (2:49)
6. Hush, Hush (2:48)
7. I Want What You Got (3:27)
8. Nickels and Dimes (3:05)
9. I Want You Back (2:33)
10. Mini-Skirt Minnie (2:43)
11. Everyday Things (2:29)
12. Memory (2:23)
13. Dizzy Miss Lizzie (3:01)
14. Great Big World (3:00)
15. Zero Hour (original version) (2:36)
16. Hypnotized (2:57)
17. How Long Will It Take? (2:51)
18. I Can’t Turn You Loose (3:22)
19. When You Find Out (2:27)
20. Hush, Hush (live version) (3:03)

Pour de la bonne musique, faut pas chercher plus loin!

Et si, vous aussi, vous avez envie de nous faire redécouvrir un disque, contactez-nous ici.

Audrey

10 réflexions sur « A redécouvrir (10)- The Plimsouls… Plus (1992) »

  1. Une face de 33 tours de Plimsouls, c’est très bien pour se décrasser les oreilles après un truc pompeux et chiant comme du Pink Floyd ou du Radiohead, mais pas plus d’une face – ou de l’équivalent d’une face – car c’est assez vite lassant.

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  2. Je n’ai pas encore écouté l’album, mais je me précipite sur l’aparté que tu fais avec XTC. Je suis preneur d’un post sur ce groupe plein de mystère. Pourquoi pas une saga, comme celle de Nick Cave, ou Peter Case ?

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    1. Je n’ai pas oublié la compile consacrée à Eric Dolphy. J’en suis au moment cruel où il faut arbitrer parmi les 4 heures de musiques pré-sélectionnées, pour n’en garder qu’un quart, environ.

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  3. Je me souviens de ton témoignage, Audrey, sur le Blog de Fracas. Tu évoquais les albums de  »The Plimsouls » que tu écoutais, alors étudiante. Tu ne tarissais pas d’éloges, il est parfois des amours qui perdurent… J’adore le live  »One night in America. » C’est moins poli, moins raisonnable.
    Eric.

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  4. Bon, contrairement aux nouveautés, je viens dire merci pour le souvenir qui remonte. Une période où j’étais bien content de découvrir ces faiseurs de chansons tel the BEATS, KNACK (? connais que le tube) Ce genre qui deviendra chez les experts POWER POP en cherchant fouillant j’étais tombé sur ce blog
    https://powerpopcriminals.blogspot.com/2019/02/shake-some-action-2_12.html
    Qui en était barjot comme peuvent l’être ceux qui jettent leur dévolu sur un genre en le puisant. J’en connais sur la soul mais sur le POWER POP j’avais été surpris.
    Bon, d’accord avec vous, bien sautillant et pas si lassant concernant les PLIMSOULS en tout cas.

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  5. Si j’ai un peu de mémoire, c’est un titre des Plimsouls que j’avais choisi pour rendre un dernier hommage vraiment pimpant et sautillant à Fracas. Je suis une sorte d’inconditionnel je pense. Donc pas très impartial. Merci pour cet éclairage.
    Gil

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