Notre bilan et sélection surprise de 2021- Low: Hey what (2021)

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Et l’année 2021 des Rubriques en Vrac du Rock, ça donnerait quoi ?

D’abord, histoire de se faire plaisir, on pourra souligner que, sur les dix premiers, quatre ont été proposés sur ce blog (Pharoah Sanders, Weather Station, Dry Cleaning et Nick Cave), ce qui est plutôt pas mal au regard du nombre restreint de nouveautés qu’on vous aura proposé (sachant qu’on savait que le disque instrumental de Stufjan Stevens n’y serait pas et que le Django Django n’avait pas forcément une tête de champion, il faut bien l’avouer). Et on avait cité Arlo Parks et St-Vincent comme artistes féminines en lice pour le classement et proposé aussi une chanson d’Arooj Aftab cet été.

Waiting for Low - News

Mais que nous retiendrions-nous au final de ce palmarès 2021?

L’an dernier, Dado nous demandait qu’on vous propose une sélection du palmarès 2020. On vous avoue qu’on en aurait été incapable, car nous ne les connaissions pas pour la plupart. Cette année est différente, car nous essayé de nous immerger davantage dans la musique de 2021. Donc voici quelques disques que nous souhaitons mettre en avant.

Nous avons pour l’occasion réactiver les liens des billets concernés…

Notre coup de projecteur : Sans avoir encore tout écouté et au-delà des disques qui se détachent, nous retenons le Black Country Road, New Road, Un disque pas forcément facile, exigeant, qui flirte entre prog, free jazz et Sonic Youth.

Donc il ne faut pas se fier à un morceau, car le groupe nous balade d’un climat à un autre, avec parfois une noirceur qui pourrait rappeler Godspeed Black Emperor (mais en plus rock). Ce qui impressionne, c’est la liberté dont il fait preuve. Sur ce plan, on pourrait aussi citer King Crimson.

Notre chouchou : Pour notre part, si nous devions élire un disque chouchou, nous maintiendrions Dry Cleaning (on avait oublié de mettre le lien sur notre billet, alors on a corrigé ça depuis).

Il a le son et les références qu’on aime, mais avec une personnalité en plus qui donne envie de savoir comment ils vont transformer ce premier coup d’essai franchement prometteur. Par contre, comme vous pourrez le constater, scéniquement, c’est pas encore tout à fait ça.

Notre petit regret : que le disque des Kings of Convenience n’ait retenu l’attention de personne (à par nous). Il faut dire qu’au regard de tous ces classements, on comprend pourquoi. C’est un disque hors du temps et qui ne fait pas de bruit (dans le sens qui ne cherche pas à attirer l’attention). Pas de concession aux rythmes RnB et à l’auto-tune, juste du folk à deux voix, avec des instruments acoustiques.

Une compilation pour découvrir leur univers

On l’a encore réécouté en boucle la semaine dernière et, franchement, on sait déjà qu’il est meilleur que beaucoup de disques qui ont su trouver les faveurs des journaux en question. Certes, il ne propose rien de nouveau, mais il vieillira certainement mieux que la plupart, parce qu’il ne propose que de vraies chansons, avec une subtilité et une sensibilité renversantes…

Notre disque de l’année : Après avoir écouté une quinzaine des disques du palmarès, nous restons nous aussi sur le Pharoah Sanders & Floating Points qui est vraiment magnifique et qu’on vous invite à écouter si vous ne l’avez pas déjà fait. Qu’un tel disque puisse terminer en première position montre qu’il y a une place pour l’exigence et l’intégrité artistique.

Et il est honteux que le NME et Rolling Stones ne l’aient même pas mis dans leur sélection des 50 meilleurs disques 2021… Heureusement, les autres médias de notre panel ont été là pour corriger leur mauvaise foi et lui rendre justice. Nous vous le proposons toujours ici.

Notre sélection bonus : Low- Hey What (2021)

Comme précisé plus haut, ce n’est pas notre disque de l’année, disons que ce serait le second. Pourquoi choisir ce disque plutôt qu’un autre ? Parce que celui-ci se sera fait une place contre toute attente. En effet, au regard de l’accueil qu’il aura reçu au moment de sa sortie, je doute fort que beaucoup des chroniqueurs auraient imaginé le voir à cette positionne et aussi unanimement mis en avant. Et j’avoue m’y être trompé moi aussi.

Je connais Low depuis quasiment 30 ans. Et on peut dire que ce groupe s’est fait sa place un peu contre tous. Son style est quasi invariable depuis sa création, que l’on a rangé (à juste titre) dans le slowcore, dans une veine minimaliste où les voix (une féminine et une masculine) sont placées au centre, avec des guitares/basse en toile de fond qui étirent leurs phrases mélodiques avec une imperturbable lenteur. En clair, avec ce groupe, on sait précisément à quoi s’attendre.

Pourtant, régulièrement, la force de cette musique finit par nous surprendre d’elle-même et malgré nous. Ainsi, au fil des albums, le style s’est affirmé et le groupe est régulièrement apparu dans les palmarès de fin d’année. « Hey what (2021) » est seulement le 13eme album du groupe et, à sa sortie, on aura pu lire un peu tout le temps la même chose qui disait qu’il s’agissait d’un bon disque, comme les précédents. Traduisez : « si vous connaissez, alors pas de surprise ». Et les notes attribuées allaient dans ce sens, avec le fameux 4**** poli qui permet de ne pas se mouiller mais qui n’excite jamais suffisamment pour s’y attarder.

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De plus, ce disque commence mal. En effet, le premier morceau l’entame de manière désagréable, avec des bruits parasites qui viennent perturber la majesté naturelle de la musique. Donc, on se dit que l’album va être comme les autres, mais avec un peu de poil à gratter qui nous donne plutôt envie de s’attarder sur d’autres disques, anciens ou nouveaux, mais dont on sait à l’avance qu’ils ne nous feront pas perdre de temps pour les apprécier.

Seulement, on a tout faux. Et la révision opérée au fil du temps sur ce disque avec ces différents classements finaux aura certainement été une surprise pour tout le monde et peut-être une évidence : ce disque est bien l’un des meilleurs de l’année et mérite sa place une fois de plus, malgré les douze qui l’ont précédé. Low trace sa voie et creuse son sillon d’une manière exemplaire en prenant son temps. Et il nous invite à faire pareil.

Donc il faut oublier la boîte dans laquelle on peut avoir enfermé le groupe (pour ceux qui le connaissent), dépasser les réticences à aller plus loin que le premier morceau provoque et se laisser emporter, pas à pas, écoute après écoute, par la musique et la force de ce chant à deux voix (et ici quasiment sans batterie).

Pour ceux qui ne connaissent pas Low, alors c’est un véritable univers à part qui va s’ouvrir à vous. Ces morceaux sont comme les vitraux de cathédrale qui laissent filtrer la lumière pour créer une ambiance propice à la méditation et au recueillement. Sauf qu’ici, il y a tout un dispositif qui viendrait les fissurer, les rendant plus fragiles et, en ce sens, encore plus précieux et autorise, une nouvelle fois, ce dialogue avec l’âme qui fait toute l’imperceptible puissance de la musique de Low. C’est un monde un flottant, fait de vibrations sonores, qui aspirent à des espaces soudain plus vastes.

Si les morceaux avancent avec une force puisée de l’intérieur, ils semblent émerger d’une sorte de chaos, fait de triturations et de brouillages sonores, Alors, plus que jamais, les voix nous apportent le salut, comme si elles s’élevaient au-dessus de décombres pour nous apporter la foi pour continuer d’avancer, peu importe ce qui nous entoure et les difficultés de l’existence. Dans l’interview qu’on indique, ils décrivent ce projet comme un Loveless  ( de My Bloody Valentine) sous l’égide des Beach Boys. Et franchement, ce n’est pas faux.

Voilà pourquoi on souhaite mettre en avant ce disque que sans doute personne n’attendait là et qui pourtant y a toute sa place.

Pour ceux qui seraient curieux de connaitre davantage, voici une interview d’eux très intéressante.

Low- Hey What (2021)

Low - Hey What.png
  1. « White Horses »
  2. « I Can Wait »
  3. « All Night »
  4. « Disappearing »
  5. « Hey » 7:41
  6. « Days Like These »
  7. « There’s a Comma After Still »
  8. « Don’t Walk Away »
  9. « More » 2:10
  10. « The Price You Pay (It Must Be Wearing Off) »

Pour une fois, c‘est en bas par là….

6 réflexions sur « Notre bilan et sélection surprise de 2021- Low: Hey what (2021) »

  1.  »Dry Cleaning » du bon post punk. Moins froid, en live, of course. Retrouvé dans mes cassettes  »Party of one. » Plus chaleureux? Non, plus énervé. Dispo sur  »You Tube. »

    Keith, les infirmières te cherchent. Un certain « Robert » accompagné d’un certain  »Jimmy » désirent te parler. Passe, je suis à l’accueil.
    Eric.

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  2. La trace disqueduresque des nominés est restée pour l’instant assez faible chez moi. Mais je n’ai pas encore fini le grand tour auditif conseillé de 2021.
    L’empreinte de ces dames reste aussi dominante chez moi, les voix déjà classiques de Lana Del Rey, Eilish, et la belle fraicheur de Rodrigo.

    Mais mes coups de coeur portaient d’autres noms : Courtney Barnett, Noga Erez, Joy Crookes, Marie-Clo, pour les filles, Arab Strap et Squid pour les groupes, Malik Djoudi et le poshume Tony Allen.

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    1. @Sorgal: Pour moi, Lana Del Ray et Rodrigo ont certainement écrit certaines des les meilleures chansons de l’année. Le Squid est très bon aussi? Je suis surprise qu’il ne soit pas mieux classé. Sans doute que le besoin de parité y a été pour quelque chose… Pour les autres noms, je ne connais pas à part Courtney Barnett dont je connais le précédent mais que je n’ai pas eu particulièrement envie de réécouter depuis sa sortie.

      Dans les classés, après la 25eme place, on trouve effectivement le Arab Strap, le David Crosby , le Robert Plant avec Alison Kraus, The Coral et Saint-Etienne. D’une manière générale, pour avoir un classement plus rock, faudrait juste prendre ceux de Mojo et Uncut (qui sont pour nous beaucoup plus crédibles que le NME et Rolling Stones, mais on veut un classement plus ouvert sur les tendances d’aujourd’hui).

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      1. le Noga Erez vaudra vraiment le coup d’oreille et aussi le coup d’œil car les vidéos sont sympas : par exemple Views la situe bien dans son style fusion avec un rap bien digéré

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      2. Pour Joy Crookes, cette métis distille une soul pop anglaise qui attire les adapte d’Amy en raison de sa voix. Tu as forcément déjà entendu « when you were mine » sur les ondes.
        Marie-Clo est plus confidentielle, multiartiste surtout danseuse de base, qui du Canada délivre des MiniEP assez jouissifs. Une artiste en devenir

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