Les Cadeaux des lecteurs: Eric Dolphy- Compilation Maison, par Zocalo

On avait évoqué notre totale méconnaissance d’Eric Dolphy. Et on a bien fait, car Zocalo a réussi à nous concocter une compilation sur-mesure, rien pour nous, afin de nous faire découvrir le talent de ce musicien. Alors, bien entendu, o, vous en fait profiter avec plaisir.

Eric Dolphy- Musicians Photograph Galleries- MUSE VIEWS

On ne va pas faire les fiers et vous dire tout ce qu’on connait sur lui, en l’occurrence trois fois rien, juste un nom qui circule régulièrement quand on fréquente le milieu du jazz et pour lequel s’associe un grand respect. Un nom qui nous a en quelque sorte toujours donné envie den savoir plus, mais sans savoir par quoi commencer. Voici chose faite.

De l’article qu’on peut lire sur Wikipedia, on a retenu deux chose: l’âge précoce de sa mort (36 ans) et les nombreux noms de ses prestigieuse collaborations (Coltrane, Mingus, Coleman, Evan, Carter…), soit la crème de la crème, comme on dit. Et pour ceux qui l’ignorent, nous parlons d’un flutiste, saxophoniste et clarinettiste, capable donc d’insuffler bien des styles et ambiances à une musique..

Donc nous avons découvert cet artiste par l’intermédiaire de cette sublime compilation. Et elle nous a tellement conquis qu’on va creuser davantage de notre côté (bien sûr, si vous avez quelques pistes d’albums, on est preneurs). Pourquoi? Parce qu’elle nous propose un beau voyage dans le jazz, tantôt en solo, tantôt à travers ses collaborations, mais avec une grande science de ce qui fait l’essence de cette musique. Pour ceux qui hésiteraient à s’y aventurer, on peut juste signaler que Zocalo a sélectionné avec grand soin chacun des morceaux qui fait de cette compilation un véritable petit trésor. Et il y en a pour tous les goûts.

Bref, une fois de plus, avec tout l’amour qu’il porte à la musique, Zocalo nous a gratifié d’un travail remarquable pour lequel on tient à profondément le remercier. Des cadeaux comme ça, on en voudrait tous les jours!

Eric Dolphy- Par Zocalo

Et pour la découvrir, ça se passe ici.

Et si, vous aussi, vous avez envie de nous faire partager à un artiste/groupe ou de nous proposer un cadeau des lecteurs,  contactez nous.

Audrey et Francis

10 réflexions sur « Les Cadeaux des lecteurs: Eric Dolphy- Compilation Maison, par Zocalo »

  1. Ca fait du bien, dès le début de la semaine qu’un tel hommage à un artiste pas souvent mis en valeur.
    Eric Dolphy, voilà bien de suite un nom et un paquet d’albums qui font toujours partie de ce que le sens du mot jazz, avec son engagement, sa rébellion, sa liberté d’expression peut revêtir.
    Il y a dans cette compil largement de quoi se satisfaire et en « leader » comme sideman dès que E.Dolphy entre en session (scène ou studio), directement on est happés…
    « Out to Lunch » est pour moi, bien sûr l’album phare, obligatoire, incontournable. Porté par le drumming novateur et ouvert de Tony Williams, soutenu par Richard Davis à la contrebasse, déchiré par Freddie Hubbard à la trompette et perlé par Bobby Hutcherson au vibraphone, c’est un des pavés d’une avant garde qui pose là les prémices du free jazz. Je le met souvent en parallèle avec « Anthony Williams » et « Spring » les deux premiers albums de Tony Williams qui a beaucoup contribué du fait de sa réputation et de son envie d’aller plus loin à l’émergence et au soutien de ce jazz engagé, avant-gardiste et novateur. Plus ou presque plus d’harmonie – de l’horizontalité donc.
    E.Dolphy je l’admire aussi dans un concert de Charles Mingus que j’ai en vinyle « Memorial Charles Mingus – The Great Concert – Paris 1964 » enregistré pour Jazz en Scène – cf André Francis – au théâtre des Champs Elysées en avril 64. Pourquoi ces détails ?
    D’abord j’imagine tant les auditeurs que le public face à ce déferlement novateur, âpre, sans concession, rude et direct. En 64, même le petit microcosme intello rive gauche a dû grincer des dents face à ça… et comprendre que ça aussi ça s’appelait le jazz.
    Et puis le casting avec Jacky Byard au piano, novateur, Danny Richmond à la batterie qui poursuivra éternellement cette voie, ce sillon, aux côtés de George Adams et Don Pullen, entre autres. Et un trio de soufflants, Clifford Jordan, Johnny Coles et E.Dolphy. Entre écriture et là encore un espèce de bordel organisé savamment par le grand Mingus.
    Délectable.
    E.Dolphy, aux côtés de Trane – on est face à deux géants et leur respect mutuel …
    Je ne me souvenais plus qu’il avait participé à la musique de George Russell… là encore on touche les sommets…
    Bref, discographie solo et sideman foisonnante et impressionnante et évolution flash de l’artiste qui déjà dans l’expression des standards était bien au delà et ailleurs… et a très vite franchi la frontière vers des contrées encore à défricher.
    Je vais recreuser autour de cette compil’.
    merci.

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  2. Zocalo, tu fais le boulot à demi! Et alors, la présentation? Merci pour la compil. Tout ceci à l’air bien énervé, excepté le « cha cha. » Tant mieux. Je me suis rué sur le « Great Concert » in Paris (64). Mingus m’est plus cher, le sentiment qu’il me parle (à chacun(e) ses voix) ça s’explique pas. Merci Pascal pour tes conseils avisés, et tes commentaires toujours pointus. Bonne nouvelle, le concert a été réédité en double CD. Youpi.
    Eric.

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    1. Re,
      Je ne savais pas non plus que le concert de Mingus avait été réédité :).
      Pour Mingus, c’est, là encore, un univers pas spécialement simple à pénétrer, une musique qui demande quelques efforts…
      J’ai littéralement bouffé le « Me myself an eye » et son « three World of drums », ce titre composé autour de trois batteurs immenses intervenant en solistes et encadrés par sa musique…
      Joe Chambers, Richmond et Gadd et un orchestre simplement ébouriffant… il y a là Miles, les frères Brecker, Mraz, Gomez, Coryell, Cuber, G.Colamen…
      On ne parle pas assez de Mingus, la perche est donc tendue…
      à +

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  3. Il est fort probable que j’aie oublié d’envoyer le texte à Audrey. Le voici :

    « Les cinéphiles et les amateurs de musique ont quelque chose en commun. Ils peuvent citer de nombreux artistes qui ont traversé leur art à la façon d’un éclair en y laissant malgré tout une trace indélébile. Aux côtés de James Dean, Pauline Lafont, Françoise Dorléac, Jimmy Hendrix, Kurt Cobain, Amy Winehouse, Jim Morrison, le jazz a aussi ses grands disparus, fauchés en pleine ascension : Michel Petrucciani, Bix Beiderbecke, Eric Dolphy…

    Eric Dolphy commence à se produire dans de petits groupes de Los Angeles en 1948, à l’âge de 20 ans, mais on ne commence à parler de lui qu’à partir de 1958, lorsqu’il est engagé par le batteur Chico Hamilton. Ensemble, ils enregistrent un album de compositions de Duke Ellington. Mais choqué par la modernité du style d’Eric Dolphy, le producteur refuse de publier les titres et demande à Chico de ré-enregistrer l’album avec d’autres musiciens. Le titre It Don’t mean a Thing présent ici est un rescapé de cette session. Eric n’a plus alors que 6 ans à vivre.

    Très vite, il enregistre avec Charles Mingus, George Russell et Ornette Coleman avec qui il enregistre l’album Free Jazz, considéré comme l’acte de naissance de cette musique éponyme. Mais c’est sa rencontre avec John Coltrane qui se révélera décisive. Eric apparaît alors comme l’alter-ego au saxophone alto et à la flûte de John Coltrane aux saxophones ténor et soprano. A partir de 1961, les deux musiciens rivalisent d’invention et d’audace devant le public médusé du Greenwich Village.

    Eric enregistre également sous son nom et tourne beaucoup : Berlin, Uppsala, Copenhague, Stockholm, Munich, Paris, Hilversum, Berlin encore où il est terrassé par une crise cardiaque le 29 juin 1964.

    On a pu lire ici ou là que malgré leur mort prématurée, un Jimi Hendrix, un John Coltrane, un Wolfgang Amadeus Mozart même, avaient tout donné, avaient atteint le sommet de leur art (personnellement, je n’en crois rien). Eric Dolphy, quant à lui, n’en était qu’aux prémisses d’un parcours qui l’aurait conduit à occuper une place de premier plan dans l’histoire du jazz, une place au moins égale à celle d’un Charlie Parker ou d’un Miles Davis, pour ne citer que ces deux-là. »

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