Plus c’est long, plus c’est bon (3)- Leftfield feat . John Lydon- Open Up (1993)

On ne pouvait pas achever cette saga PiL et John Lydon sans évoquer ce morceau complètement techno/électro qui complète parfaitement le tableau (ou plutôt le portrait de ce drôle et emblématique personnage du rock).

L’année en question est un peu celle où le public rock découvre que des artistes électro peuvent s’écouter sur la longueur d’un album. Letfield en fait partie. Et comme souvent en matière de techno, plus c’est long, plus c’est bon , même si cela passe en l’occurrence peut-être plus sur les pistes de danse que dans son salon…

Mais, pour ceux qui connaissent un peu l’histoire du punk, l’association d’un vieux punk avec des jeunes de l’électro ne devraient pas les étonner outre mesure…

En effet, contrairement à ce que les puristes et autres gardiens du temple punk voudraient bien nous faire croire, ce mouvement n’avait rien d’intégriste. Au contraire, les punks d’origine étaient infiniment ouverts (bien entendu au reggae et au hip hop, mais à plein d’autres styles comme a pu l’attester le triple album Sandinista! du Clash ). Si vous avez des doutes, jetez une oreille sur le génialissime Homo Sapiens (1981) de Pete Shelley (des pourtant assez formatés (et brillants) Buzzcocks)

En fait, on retrouvera beaucoup de punks dans la techno, car, sur bien des points, ce mouvement musical (dont je suis loin d’être un expert) aura refait vivre l’esprit originel de 1977 par sa rupture et bien des facettes. Toujours est-il qu’en 1993, ce titre nous fait redécouvrir un John Lydon alors en impasse (financière, je crois) avec PiL depuis quelque temps (et pour longtemps) en plein cœur de la techno avec ce morceau qui figur, pour information, à la 444eme place du classement des plus grandes chansons de tous les temps selon le NME.

Ne version single donc très courtes

Comme pour Time Zone, on découvre un John Lydon en trublion complètement dans son élément, sans qu’aucun instrument classiquement rock ne l’accompagne. Et son chant tout en étant égal en lui-même scande parfaitement sur ce groove à fond les manettes pour les dancefloors. Il faut avouer qu’en 1993, la techno était autrement plus subversive et neuve que ne l’était le rock. Elle faisait éclater les standards et revendiquait une nouvelle forme de culture, celle des clubs, avec de nouvelles drogues, une utilisation plus extrême des machines, avec des formats étirés et robotiques qui faisaient bien entendu fuir les rockers qui n’y voyaient là plus aucune vraie musique. A dire vrai, exactement comme papy et mamie dans les sixties avec le rock, comme papa et maman face aux punks ou les grands frères face au rap…

Et si le morceau est sorti en version 45t d’à peine 4mn, c’est plutôt sur la version longue (8mn 52) qu’il faut s’attarder, car c’est ici qu’on sent toute la puissance que peut contenir cette musique. Et imaginez les foules se trémousser sur la voix de John Lydon himself devait être assez jubilatoire pour lui qui a toujours aimer s’amuser avec la musique. Bien entendu, on est à des années lumières de PiL ou des Sex Pistols, mais on devine en effet qu’il prend un grand plaisir à participer à ce titre, car il l’habite particulièrement, en lui imprimant un sentiment étrange, presque sombre, par la force incantatoire de son chant… sur un texte pas forcément innocent.

En version LP donc très longue…

Et comme toujours pour la rubrique « Plus c’est long, plus c’est bon », difficile de ne pas succomber à l’envie de le repasser quand on entend sa voix se taire quand survient les dernières secondes du titre. Même si on n’est plus dans le rock et qu’on peut chercher ses repères en vain, on peut avouer qu’on est là aussi face à une sorte de classique intemporelle tout comme peut l’être le titre Public Image. En soi, ce titre aurait très bien pu figurer dans notre rubrique la Chasse aux chansons… Car c’est bien grâce à notre sempiternel bouffon empêcheur de tourner en rond que nous avons là une vraie chanson, et non un simple titre pour danser.

Et pour boucler la boucle, il est curieux de découvrir que Neil Barnes, l’un des deux fondateurs de Leffield, aura basculé dans l’électro sous l’influence d’Afrika Bamabaataa qui lui-même aura utilisé John Lydon un peu à contre emploi musical dans son hip hop métallique World of Destruction de Time Zone.

Et c’est avec ce titre que nous achevons notre petite saga PiL/John Lydon que nous espérons avoir été un peu instructive ou au moins plaisante à lire…

Francis

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3 réflexions sur « Plus c’est long, plus c’est bon (3)- Leftfield feat . John Lydon- Open Up (1993) »

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