Le Palmarès des disques 2022

Allez, on vous propose notre petit rituel de début d’année avec le Palmarès des disques 2022, établi à partir de quelques sites et magazines de référence. On se doute que pas grand monde va y prêter attention et sans doute encore moins acheter un disque du fait de sa présence dans ce TOP 25.

Même si ces images ci-dessous peuvent vous donner un petit avant-goût de ce qu’il renferme, quelles bonnes ou mauvaises surprises nous réserve-t-il?

Au risque de se répéter, comme chaque année depuis qu’on propose cette rubrique, on ne peut pas dire qu’en 3 ans il y ait eu beaucoup d’artistes récidivistes. Et encore, on ne vous mets que les 25 premiers, mais sur 500 places, on a guère plus de 70 disques qui ont été au moins cités deux fois… tout comme les années passées. Il dévient vraiment de plus en plus difficile d’identifier des artistes qui s’inscrivent dans une œuvre à suivre à long court. Or, c’est l’une des bonnes raisons de jeter un œil sur ces palmarès. On peut dire bien entendu qu’on a raison de ne pas prêter une oreille à toute cette masse de disques sui nous submergent chaque année… Ou on peut dire que malgré tout, il y a ici et là des artistes qui vont mériter notre attention pour le suite ou qu’il y a ici et là des noms qui finissent par nous être suffisamment familier pour qu’on y jette une oreille.

Les surprises à suivre?

Dans la première catégorie, difficile de ne pas placer Wet Legs. En 2nde position, on peut dire qu’elles auront fait le buzz toute l’année y compris avec leurs prestations scéniques d’une grande fraîcheur qui tranche un peu. Au delà de la qualité intrinsèque du disque, on peut dire qu’elles sont là au bon endroit et au bon moment et qu’avait besoin d’un groupe comme elles. Mais voilà, ce deux jeunes femmes sauront-elles transformer le capital sympathie dont elles ont bénéficié cette année? On leur souhaite, car ce disque contient de belles promesse mais nous parait un peu court en bouche (et un rien surévalué).

Dans un style qui n’est pas forcément dans notre prédilection, il y a Rosalia (on avait hésité vous le proposer, car il mélange habilement les mouvances les plus actuelles de la dance et la tradition ) et les arrivées de fin d’année que sont Jockstrap et son album kaléidoscope à l’image de cette nouvelle génération qui malange tous les genres sans complexe (comme La Femme ici-bas) et Alvvays (dans la grande tradition guitar indie pop). Il ne faut jamais oublier qu’en matière de Pop Rock etc. ce sont les oreilles des jeunes qui ont toujours raison demain… et que nous l’avons tous été un jour et que, si nous sommes toujours là à suivre l’actualité, c’est bien parce que des artistes ont su nous montrer qu’on avait raison un peu seul contre tous…

Et puis, certaines déceptions, comme The Weather Station qu’on avait chroniqué l’an dernier, ou Weyes Blood

Les débuts de consécrations?

Dans la seconde catégorie, il y a Big Thief qui nous sort des disques depuis plusieurs années bien positionnés dans les palmarès (sans jamais avoir été vraiment consacré), FKA Twigs avec ses singles toujours remarquables, Angel Olsen et The Weeknd qui nous montre qu’il n’est ici pas qu’un artiste à singles. Ici, on peut dire que nous commençons à voir émerger une œuvre et/ou une personnalité qui sort du lot. Et nous ajouterons pour notre part Dry Cleaning dont on vous a déjà parlé deux fois, mais pour lequel on s’interroge toujours sur le fait que le groupe sache dépasser le cadre de sa belle formule…

Bien entendu, s’il ait un groupe pour qui l’on eut dire qu’il s’agit de l’année de sa consécration, c’est bien Fontaines D.C. Ce 3ème album aura transformé les deux premiers essais (qui n’en étaient pas au regard de leur qualité). Reste à savoir si la suite confirmera définitivement que nous tenons là le grand groupe de rock flamboyant qu’on attendait depuis si longtemps?

Les valeurs sûres qui brillent sans qu’on les voient…

Même si cela ne transparait pas de manière explicite dans ce TOP 25, il y a eu pas mal de valeurs sûres qui ont sorti des disques qui n’entachent en rien la gloire de leur glorieux passé. On les trouve d’ailleurs un peu plus loin. On pourra parler ici des anciens que sont Elvis Costello, Brian Eno, Horace Andy ou des moins anciens mais plus tout jeunes comme Spiritualized, Wilco, Kevin Morby, Suede, Father John Misty

Peut-être ne méritaient-ils pas les honneurs des premières marches mais chacun d’eux aura sorti un disque qui mérite sa place dans leur œuvre respectives et pour lesquels le temps pourra redonner la place qu’ils méritaient loin des néons de la nouveauté? Si les jeunes ont toujours raison, les plus anciens savent aussi qu’ils n’ont pas eu tort un jour et qu’ils ont de ce fait raison encore aujourd’hui…

Les valeurs sûres qui brillent sous les projecteurs

Mais il y a aussi des valeurs sûres qui ont su briller davantage. En effet, que vaudrait un palmarès sans ses vraies valeurs sûres? Et à quoi les reconnait-on? Tout simplement par le fait qu’elles ont forcément été chroniquées et donc décortiquer en long et en large. Voir Beyoncé sur la plus haute marche est certainement une surprise (voire une insulte) pour les rockeurs dans l’âme. Mais y a-t-il eu pendant ces 10 dernières années beaucoup d’artistes qui ont su rester au top des podiums aussi bien qu’elle? Est-ce parce qu’un disque vend beaucoup et propose des tonnes de singles à vocation commerciale qu’il ne s’agit pas de l’œuvre d’une artiste? Madonna ou Diana Ross ont montré que seules des femmes de caractère peuvent construire de telles carrières. Ce disque est justement parfait pour bousculer nos certitudes héritées du rock et nos schémas d’écriture… Il s’agit bien de musique d’aujourd’hui qui n’aurait pu être écrite dans les années 60 ou 70 ou même dans nulle autre décennies d’avant. Se plonger dans cette musique, c’est bien reformater son disque dur interne pour s’ouvrir à de nouveaux sons, de nouveaux rythmes de nouvelles formules à expérimenter.

Kendrick Lamar aussi a sorti un grand disque avec l’un des grands singles de l’année (N95) . Que ceux qui regardent toujours de haut le rap/hip hop auront grand soin à explorer ce disque d’une grande richesse qui montre l’âme d’un authentique artiste (y compris lorsqu’on ne comprend pas les textes (qui sont pourtant censés être la force essentiel de ce genre musical)). Même si par nostalgie et affinités spontanées on aimerait découvrir deux autres disques sur ces plus hautes marches du podium, on ne peut que s’incliner devant eux et apprendre de ce que nous dit la musique aujourd’hui. Et ce sont bien Kendrik Lamar et Beyoncé qui nous le disent bien plus que les noms qu’on aura donnés plus haut.

Mais ce palmarès aura placé deux valeurs sûres qui devrait encore réjouir les amateurs de rock un peu aventureux: The Artic Monkeys et The Smile (nom derrière qui se cache l’essentiel de Radiohead). Bien entendu, ce n’est pas du rock pur jus qui donne envie de prendre une guitare, mais les palmarès montrent depuis plus d’une décennie, non pas qu’il n’en sort plus de bons mais que ceux qui continuent d’écouter le flot incessant de nouveautés qui créent ces palmarès ont soif d’autre chose… Peut-être parce qu’il suffit de se retourner encore et toujours vers les disques du passé pour être rassasié? En tout cas, ces deux disques sont des indéniables réussites.

Il y a aussi des valeurs sûres qui ont l’air d’embarrasser un peu. C’est certainement le cas de Björk qui est la moins bien classée des disques les plus cités… Et pour avoir écouté quelques uns de ses morceaux, on n’en dira pas grand chose si ce n’est qu’il semble épuisant… Il y a tellement de volonté de faire un disque d’artiste que cela en devient pour nous assommant. Mais comme on n’a pas réussi à aller jusqu’au bout, sans doute notre avis ne vaut-il pas grand chose…

Et alors, notre disque de l’année 2022?

Au risque de vous décevoir, nous l’avons déjà chroniqué ici. Il s’agit de Michael Head & The Red Elastic BandDear Scott. Certes, il n’est qu’en 33eme position dans notre palmarès mais nous savons que nous avons raison seul contre tous. En effet, s’il ne tenait qu’à nous, nous nous limiterions à Uncut et Mojo qui sont pour nous l’essence même de la passion rock éclairée. Et qui trouvons-nous en première place pour Mojo et en 3eme pour Uncut? Notre cher Michael Head… Alors pour un artiste qui brille tellement loin des projecteurs depuis des décennies, ces places sont pour nous celles de la véritable consécration!

Il s’agit d’un disque rare et précieux qui vous soigne le cœur aussi bien que l’âme, car écrit par un homme bien que cabossé par la vie qui continue de la chérir et dont la passion pour les chansons est merveilleusement intacte.

Pour les retardataires, nous avons rafraichi le lien de notre billet…

Pour s’abreuver à la fontaine….

Mais il est possible que vous ayez vous aussi votre disque de l’année qui n’aura pas eu droit à suffisamment d’honneur? Alors, si c’est le cas, n’hésitez pas à venir nous le proposer en nous contactant ici, car c’est avec plaisir que nous diffuserons votre bonne parole.

En attendant, on vous souhaite la meilleure année 2023 possible (en espérant que nous serons encore actif en 2024).

Francis et Audrey

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9 réflexions sur « Le Palmarès des disques 2022 »

    1. Ce genre de rappel fait parfois du bien. Merci. Si tu le souhaites, tu peux nous faire un petit billets sur l’une de leurs chansons dans le cadre de notre rubrique la Chasse aux Chansons?

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      1. Merci pour l’invitation mais je n’ai pas ce souhait car je n’ai rien à dire, et je n’ai point l’envie de tenter d’essayer de chercher à dire. Je ne suis pas comme vous (ceci dit sans aucun mépris, c’est juste pour dire que vous – les personnes qui écrivez sur la musique – vous avez quelque chose que je n’ai pas).

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  1. Comme toujours la lecture de ce palmarès est très intéressante et surtout le retour que vous en faites rapport à votre approche. Je pense par exemple à votre encart Beyonce et le rapport avec d’autres artistes féminines qui en leurs temps firent le haut de chroniques ou de ventes. Beaucoup vendre et surtout à ce niveau n’implique surtout pas médiocrité…
    C’est juste une question d’écoute, de désintérêt, de rejet, ou d’acceptation, bref selon les gouts, les humeurs, mais aussi les convictions qui parfois s’avèrent malheureuses œillères – auxquelles je n’échappe pas spécialement… 😉

    Bon au passage j’en profite pour vous souhaiter une année des meilleures avec le chapelet de formules d’usage mais aussi celui particulier qui nous concerne, à savoir rester tant que possible curieux et passionnés de cette musique… et même si l’on croit que la création musicale souffre, j’ai encore un peu d’espoir car à chaque fois que je me dis ça je tombe sur un truc pas possible…

    Bon, je vous fait rapidos un léger palmarès perso, restant volontairement dans le rock ou similaire…
    Je vais pas vous abreuver de jazz ou même de classique ou d’ambient.
    J’ai un blog pour ça…

    Je ne les ai pas forcément chroniqués car toujours la course au temps mais voici en vrac quelques ou des albums qui cette année ont largement dépassé le zapping ou l’unique écoute chez moi, donc…

    Nina Hagen sort à 67 balais « Unity » et c’est toujours aussi décapant que barré, loufoque, bordélique et génial. Donc si on a aimé son premier quand il est sorti et qu’on l’a un peu suivie… on se régale.
    Metronomy « Small World », entre pop virginale et rock trop rarement plus dur, c’est kaléidoscopique et surtout ça s’écoute bien de bon matin. Et même Tellier a réussi à passer…
    On aura beaucoup critiqué, avec parfois une hargne démesurée, Bruce Springsteen qui en plus essuie la critique de manque d’inspiration en reprenant des pas forcément gros tubes de la Motown – « Only the Strong Survive » – Je laisse les aigris de coté et je savoure… et Dev’/Antoine partage largement mon plaisir. Ouf on est deux (parmi une pléthore sur la planète, tout de même) …
    Pour aller dans le genre qu’on regarde comme vieillot faut se laisser barrer par le live de David Crosby et son Lighthouse Band de jeunots. Mais j’en parle assez chez moi… et là j’ai pris une claque énorme…
    Purée du gros son en veux tu en voilà… et j’ai bien fait dépoter le dernier Disturbed « Divisive » – j’ai presque eu peur d’y avoir laissé le tweeter mais par contre la caisson de basses m’a remercié, ça faisait un bout de temps qu’il s’était pas autant éclaté !
    Ok, ça sentait la redite mais l’oreille attentive sur le dernier Tears for Fears « The Tipping Point » m’a mis dans l’embarras… Comment arrive t’on à être encore aussi créatifs ? Tiens, justement je crois bien qu’on en parlait…
    Bref.
    Aurora m’intéresse bien plus que Björk pour laquelle le sentiment exprimé ici m’est identique et ce depuis…. Vespertine… nouvel album « The gods we Can Touch ». Björk ? à chaque fois je réessaye, mais rien n’y fait. Je m’avoue vaincu par l’incompréhension, un comble, alors si je veux du froid et des grands espaces, je barre Aurora – rien à voir diront certains… mais m’en fous.
    Beth Hart a lancé le pavé dans la mare Zeppelin avec « Good Times, Bad Times » – ok, c’est du copié collé avec renfort de cordes symphoniques et ok, c’est juste hyper bon…
    Même (et surtout) quand on reste un (vieux) fan de Zep.
    On appelait ça du rock électronique dans les années 70, même Jean Michel Jarre (dont le dernier est en immersion casque captivant d’ailleurs) avait cette étiquette. Kaus Schulze n’est plus et son dernier opus qui nous embarque chez Hebert/Dune – « Deus Arrakis » – est juste puissant / c’est un voyage plutôt loin d’ici…
    Je termine par ma chouchoute qui devrait être placée à côté justement des grosses prods Beyoncé et autres – moi j’ai jeté mon dévolu sur Sabrina Claudio et son dernier « Based on a Feeling » a largement confirmé pourquoi je mets une « alerte » streaming pour chacune de ses sorties…

    Un peu long ?
    Mais plus c’est long… c’est aussi l’intitulé d’une de vos thématiques.

    Allez, meilleurs voeux renouvelés…

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    1. Sa modestie l’empêche de parler de son fabuleux CD, un petit bijou. Seul au piano, Pascal Georges joue François Faton Cahen. Faton’s dreams est un voyage merveilleux, magique, intemporel. Quelque part entre Satie et Debussy, sa mélancolie nous arrache au quotidien, envoûte. Une sacrée traversée.
      Adressez vous au maestro, ici ou sur sa page il se fera un plaisir de se raconter.
      Meilleurs Vœux à tous et à toutes.
      Eric.

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      1. Mil mercis Eric.
        C’est cool !
        Je te renvoie la sympathique attention avec ton livre « Il n’a jamais fait aussi beau » / Eric Buffard – profitons de cet espace pour là aussi le lui commander, c’est très, très rock (sans n’roll)… et parfaitement, logiquement à sa place ici.
        😉

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    2. Merci pour tous ces zooms musicaux. Tears for fears a eu effectivement des bons retours et j’avais hésité à y jeter une oreille.
      Pour Springstten, je l’ai écouté mais je n’arrive à m’investir dans les albums de reprises. Je me dis que cela restera toujours un peu anecdotique. Surtout dans une œuvre comme la sienne. Reste son plaisir à faire cette musique qui s’entend.

      Bjork, je suis comme toi. Vespertine a été un point de rupture. Aurora était dedans une exception, la chanson qui me faisait y retourner, mais l’ensemble me laisse un peu de marbre. Par contre j’ai aimé Medullà même si je ne l’écoute pas souvent. Depuis, je n’arrive plus.

      Et je vais me pencher sur ton disque. Juste une question de temps.

      Audrey

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  2. Pas la meilleure de ces dernières années au niveau des bons souvenirs musicaux , mais justifiant une oreille , en dehors de certains déjà cités ( Nina Hagen, Metronomy , Fontaines DC entre autres):
    Pop
    – Proud disturber of the peace / William The Conqueror
    – A light for attracting attention / The Smile
    – Last night in the Bittersweet / Paolo Nutini
    – I’m not sorry, i was just being me / King Hannah
    – My favorite ghosts / Florence and the machine
    The fantasy life of poetry and crime/ P. Doherty et F. Lo
    Soul / Funk
    – Some of us are brave / Danielle Ponder
    – Sage Motel / Monophonics
    Frenchies
    – Another Life / Nadine Khouri
    – Le monde réel / Dominique A
    – Opex /Arno
    World
    Kintal da banda / Bonga

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