Les Théories du rock (9): La fantasmagorie autour du disque Mystère (illustré par String Driven Thing – The Machine that Cried)

Cette rubrique, derrière la notion de « thèse », n’a pas la prétention d’être sérieuse, mais de réfléchir de manière amusé sur un théme ayant trait au rock ou ses dérivés. Donc si, vous aussi, vous avez une « thèse » sur le rock (notez bien les guillemets), notre blog vous est ouvert, pour ça, cliquez ici)

J’ignore s’il vous est déjà arrivé cette aventure… A savoir être livré face à une musique dont vous ne connaissiez rien. Ni le nom, ni l’année, ni rien. On est alors soudain face à sa propre subjectivité pour la juger. On peut se dire qu’elle ne mérite pas le temps qu’on va lui consacrer ou… que nous pourrions avoir raison de l’aimer seul contre tous… Mais a-t-on envie véritablement de se battre quand tout a été analysé et décortiqué pour un disque qu’on serait le seul (ou presque) à connaître? Pourtant, tout groupe ou artiste a un jour dû être accepté sur la seule bonne fois d’un ou d’une poignée de personnes qui ont voulu colporter la bonne parole autour d’eux pour partager leur conviction… Aujourd’hui, ce serait le phénomène du buzz. Une personne le lance et trouve des échos à l’infini, là où des millions d’autres restent lettre morte.

Pour ma part, j’ai un souvenir très précis autour de cette théorie du rock. Il faut imaginer un monde non connecté, sans Shazam et autres pour nous dévoiler l’identité du moindre son. Cela aurait pu être avec une cassette enregistrée mais, en l’occurrence, il s’agissait d’un CD gravé.

Vous avez certainement connu un type ou une fille qui gravait tout ce qui lui passait sous la main sans rien même trop savoir ce que c’était (entendre par là qu’il ou elle ne lisait pas la presse musicale et n’avait pas spécialement de culture musicale)? Moi, en l’occurrence, c’était un type. Un jour, je monte dans sa voiture et j’entends une musique que je ne connaissais pas. Et je trouve ça pas mal, sauf que voilà…

Je lui demande ce que c’est et il me répond bien entendu qu’il l’ignore. Comme je le craignais avec lui, il n’avait pas non plus inscrit les titres sur le boitier (en l’occurrence, même si je trouve ça consternant, faut avouer que c’est pratique parce qu’on n’a pas à la chercher pour le ranger puisque n’importe lequel fonctionne). Alors il m’invite à retirer le CD au cas où… et là, bien entendu, il n’a même pas été foutu de noter le titre de l’album! J’ai juste droit à un « ça doit être machin qui a dû me le passer. Si tu veux, je lui demanderai qui c’est la prochaine fois que je le vois » Inutile de vous dire que la probabilité qu’il y pense le fameux jour J était infinitésimale.

Donc il ne me reste qu’à écouter les autres titres. En l’occurrence, j’ai tout de suite eu un doute sur la période du disque. Bien entendu, cela ne sonnait pas exactement comme un truc actuel (notamment la basse), mais en même temps, je me disais que cela pouvait avoir été écrit et produit volontairement pour sonner ancien, une sorte de Waterboys (période irlandaise style Fisherman’s blues) en plus rugueux croisé avec le Jefferson Airplane ou Fairport Convention. Donc, oui, ça sentait les 70’s, mais j’ignore pourquoi, je me disais que cela pouvait avoir été écrit par un groupe d’aujourd’hui qui aurait revendiqué ce son particulier, surtout qu’on sait bien le recréer en studio désormais. Instinctivement, c’est bête, mais je voulais savoir si j’avais raison d’aimer et si le disque avait une place dans l’histoire du rock.

Vous l’aurez compris, voici l’ennemi de cette rubrique!!!

Pour revenir à mon histoire, à la fin du trajet, plutôt que de m’en remettre à sa bonne volonté, je lui demandé si je pouvais le lui emprunter pour que je le grave à mon tour. Et je me mets à l’écouter en boucle tellement il m’avait intrigué pendant le trajet. C’est ça qui est particulièrement intéressant. Plus on écoute de musique, plus on a de références et connait l’histoire de la musique, plus la probabilité d’un disque inconnu écrit par un groupe ou artiste dont on n’a jamais entendu ou lu quelque part le nom puisse mériter d’être écouté les yeux fermé, sans avoir été adoubé préalablement par un magazine rock est faible…

En terme d’expérience, ce serait un peu écouté le groupe en première partie que personne ne connait et le trouver meilleur que celui pour lequel on est venu… Avouez qu’on n’est plutôt rarement tendre avec eux… Disons qu’on ne se précipiterait pas forcément pour acheter leur intégrale parce que, s’ils ne sont qu’en première partie et que personne en les connait, c’est qu’il y a une raison, surtout avec internet où sait tout sur tout en deux secondes… Disons en tout cas que, moi, je suis un peu comme ça, à chercher pourquoi ils en sont là plutôt que les raisons qui feraient qu’ils puissent être un jour un grand groupe…

Bien sûr, avec internet, j’ai fini par trouver le nom du groupe et le titre de l’album: String Driven Thing – The Machine that Cried. (j’espère que vous n’allez pas me dire que vous le connaissiez déjà!). En tout cas, si vous voulez tenter l’expérience, voilà ce que ça donne en cliquant sur cette vidéo (si possible sans chercher ce que c’est à votre tour sur internet), en vous remettant juste à votre subjectivité:

Vous aurez l’avantage ici d’avoir un nom et de voir une image, en l’occurrence la pochette du disque (que j’ai fini par récupérer et qui, avec ses allures de couverture à la façon du label 4AD n’a fait que renforcer son aspect mystérieux pour moi). Quelque part, c’est déjà plus que moi et rien qu’en lisant ce billet, je vous aurai influencé et vous aurez projeté à votre tour une imagé ou une atmosphère. Ce que j’aurais voulu, c’est vous faire découvrir l’expérience que j’ai vécue. A savoir être devant une grande page vierge et de ne s’en remettre qu’à ses seules impressions pour évaluer cette musique. Comme si vous étiez les premiers à l’écouter et que vous deviez à votre tour émettre un jugement dessus pour lui donner sa véritable place dans l’histoire du rock.

Parce que, pour ma part, plus je l’explore et plus je découvre qu’il ne faut pas croire ce qu’on nous dit…. parce qu’il est fréquent qu’on révise l’histoire du rock, y compris dans la presse spécialisée en redonnant sa chance à des albums méprisés ou en rabaissant un disque adulé à l’époque. Or, cette démarche revient une nouvelle fois à sonder notre propre subjectivité et nos a priori. Pourquoi un disque d’hier aujourd’hui inconnu ne vaudrait-il pas davantage qu’un disque d’un artiste connu et acclamé parce qu’un jour on vous l’aura présenté comme tel et que vous aurez un peu voulu vous plier à cette sainte vérité?

ça, c’est pour l’ami Individu pour éviter qu’il ne nous parle pas de la musique faîtes par des Inconnus ^-^

Avouez qu’il y a quelque chose d’effrayant (et d’excitant aussi) que d’aimer un disque un peu seul contre tous? Est-ce nous qui avons entendu ce que nul autre n’a entendu ou sommes-nous soudain complètement à côté de la plaque? Est-ce notre subjectivité qui nous joue un tour et que nous l’aimons pour de mauvaises raisons (à savoir qu’elles n’ont de raisons d’exister qu’à travers notre propre histoire) ou avons nous juste raison avant les autres? Parce que la beauté de l’art, c’est aussi de toucher les gens (ou certains cercles) de façon (presque) universel. Et plus on se passionne et plus il s’établit comme une sorte de vérité que les années viennent renforcer. Pour faire une comparaison, pourrions-nous être le premier à aimer un Van Gogh? OU mieux, de crier au génie face à des musiciens de métro? Et n’y a-t-il pas là quelque chose de magnifique que de l’avoir vécu et découvrir que seul contre tous nous avions bien raison au départ? Encore faut-il oser écouter ce que nous dit notre cœur et notre âme, avant même que de savoir pourquoi et/ou comment…

En tout cas, j’espère que la musique en question vous donnera envie de la réécouter pour lui laisser sa chance et que vous aurez des choses à nous raconter à votre tour sur cette petite théorie du rock ou des expériences similaires que vous auriez vous aussi vécues un jour.

String Driven Thing – The Machine that Cried

Pour avoir accès à votre tour à ce disque mystère, c’est ici.

Et on reste bien entendu ouvert à toute vos théories du rock ou envie de partager un disque que vous seriez le seul ou presque à aimer.

Francis

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3 réflexions sur « Les Théories du rock (9): La fantasmagorie autour du disque Mystère (illustré par String Driven Thing – The Machine that Cried) »

      1. Je n’ai plus le souvenir.
        Bernard Lenoir peut-être car j’écoutais tous le jours son émission, mais ce n’était pas vraiment son genre de découverte.

        J’aime

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