La Chasse aux chansons (5): Prince- Joy in repetition (1990)

Cette rubrique a pour vocation de nous faire redécouvrir des chansons oubliées, parce que soit sorties dans un album pas terrible, ou par un artiste pas très bien considéré ou souffrant d’un son ingrat… Bref, autant de raisons qui font qu’on puisse passer à côté…

L’album dont est extrait cette chanson n’est pas très connu. Graffiti bridge n’est d’ailleurs pas forcément un album de Prince, mais l’un de ceux où il a laissé son groupe, The Time (qui l’accompagne pur la dernière fois avant de céder la place au New Power Generation), interpréter la majorité des chansons. L’album fait aussi partie de ses disques écrits comme bande musicale d’un film que je n’ai jamais vu et que pas grand monde a dû voir non plus. Tout cela fait que cet album passe généralement assez inaperçu dans la discographie du nain pourpre, d’autant qu’il fait un peu partie de son âge d’or, où sa notoriété est devenue énorme, mais il annonce également le’ début de sa fin.

Christy by Request - Graffiti Bridge - Christy Lemire : Christy Lemire

Pourtant, les quelques chansons interprétées par Prince sont géniales et tout particulièrement Joy in Repetition. On va essayer de vous expliquer pourquoi. Et si vous ignorez la joie que procure la répétition, nous vous avons choisi plein de versions pour vous tester et la découvrir à votre tour. Oui, il y a de la joie dans la répétition et vous ne pourrez pas y échapper!

Le morceau pourra surprendre aux première écoutes avec l’impression qu’il ne commence jamais vraiment. Pourtant, la structure est un peu fuyante, les arrangements discrets mais splendides. Mais surtout, il y a la voix de Prince. De manière assez inhabituelle, on a l’impression ici qu’il baisse la garde, qu’il se dévoile. Il y a dans sa voix une forme de résignation qui la teinte de mélancolie.

Donc voici la version studio (que j’aime beaucoup et qui fait moins de 5mn):

Seulement, ce n’est pas aussi simple. A partir de ce morceau aux contours un peu flous, Prince va régulièrement la transformer pur en faire un truc énorme, qui dépasse les 10mn, notamment en la plongeant dans des influences jazz. Dans un certain sens, cette chanson pourrait également faire partie de notre rubrique « plus c’est long, plus c’est bon » (d’ailleurs, on a mis le billet dans les deux catégories).

Donc voici une version que le youtubeur a qualifié de meilleur. Effectivement, elle est très soigné et le son est parfait, avec une mise en image soignée, comme vous pourrez le constater. Pour ma part, je trouve qu’il finit par en faire un peu trop.

Autre version. Cette fois la qualité sonore est moins bonne, mais on est plus dans l’atmosphère du morceau que j’aime.

Autre version, celle du Live Welcome 2 America Tour (mais pas d’image sur celle-là), cette fois-ci, c’est très dépouillé, sur le fil de l’os, avec un piano une nouvelle fois très jazz. La plus classe.

Enfin (mais il y a plein d’autres sur youtube), une version avec image dans la salle (a priori), mais toute guitare dehors, sans doute plus fidèle à la version de départ. Elle montre vraiment tout le mystère de l’essence de cette chanson. On ne sait pas vraiment quand elle commence, où elle va et quand elle va finir, et pourtant, tout repose sur une ligne de chanson très simple, où le génie de Prince est de réussir à lui donner une sorte de démesure. Magique!

Pour moi, c’est l’une des plus belles chansons de Prince, pour autant, elle ne figure jamais dans ses compilations, ce qui fait qu’elle est une sorte de trésor à soi. D’ailleurs, ma fascination pour elle fera que, par la suite, j’ai longtemps écouté les disques de Prince suivants dans l’espoir de découvrir une telle merveille cachée, alors même que ces disques paraissaient moins excitants, jusqu’à finir par peu à peu me délaisser de lui.

Le texte me parle également particulièrement. Il propose de trouver de la beauté dans le quotidien et peut-être dans ce qui transcende à l’usure d’une relation (c’est peut-être moi qui interprète). A moins qu’elle ne parle aussi de… masturbation.

Et si, vous aussi, vous avez une idée pour continuer notre chasse aux chansons, contactez-nous ici.

Francis

Une réflexion sur « La Chasse aux chansons (5): Prince- Joy in repetition (1990) »

  1. Cet album de Prince, je m’en souviens bien, moi et qlq autres nous avait conforté dans le +que talent du monsieur. Echec commercial? Mais album foisonnant que nous allons jalousement aimer. Le genre d’album dont on tire une certaine (absurde?) fierté à l’avoir apprécié, cette attitude snob que j’avais « un album pour initié, pas pour le tout venant » Sorti de cette attitude, c’est un très grand album de Prince, Trop de directionq? Trop d’idées? C’est à ce moment là que je commençais à le ranger auprès de Franck Zappa pour l’ouverture d’esprit, l’inventivité, la prise de risque. Alors « Joy In Repetition »? Pourquoi pas. Mais je pari que tu pourrais avoir la même approche pour d’autres titres.

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