A redécouvrir (8): The Rolling Stones- A bigger Bang (2005)

Allez, c’est repartie pour nos Rubriques (toujours) en vrac. Comme nous, vous avez sans doute appris la disparition de Charlie Watts. pendant vos vacances (que nous espérons avoir été les meilleurs possibles pour vous). Dire qu’elle nous affecte est certainement excessif, mais le personnage nous inspire un profond respect, a priori unanime d’ailleurs. La question de savoir comment lui rendre hommage s’est posée. On aurait pu vous chroniquer l’un de ses projets solos qu’on aurait jamais écouté avant (et qu’on n’aurait plus écouter ensuite).

https://www.letelegramme.fr/images/2021/08/25/charlie-watts-le-batteur-des-rolling-stones-est-mort-mardi_5861029_676x471p.jpg?v=1

Mais nous avions envie aussi de parler des Rolling Stones. Donc c’est à la fois un hommage à Charlie Watts et un disque à redécouvrir qu’on vous propose aujourd’hui.

En effet, difficile pour nous de vous apporter du neuf et certainement de vous communiquer des infos que vous ne connaîtriez pas depuis longtemps sur un tel groupe. Alors, on s’est dit que vous redécouvrir cet album que, comme nous, vous avez dû écouter deux ou trois fois dans votre vie d’une oreille blasée pouvait être intéressant. D’autant que le magazine UNCUT l’a très bien noté dans son anthologie du groupe. Et ils ont généralement un goût très sûr… même si, sur le coup, on reste un peu sceptique sur la rafale d’étoiles de Black and Blue (1976)…

On tient d’ailleurs à saluer l’initiative de Rock&Folk de traduire ces hors-série d Uncut, on apprécie notamment quand ils se plongent dans l’œuvre « récente » des vieux groupes (en gros quand on considère qu’ils n’ont plus rien écrit d’intéressant), parce que cela redonne sa chance à des morceaux parfois planqués dans des albums plutôt ingrats sur la longueur. Bref, c’est sympa de leur part de nous aider dans notre Chasse aux chansons (surtout qu’ils savent distribuer parcimonieusement les 5* et 4*). ^-^

Pour revenir aux Stones, aujourd’hui, il est est difficile d’écouter un de leurs disques « récents » comme si les précédents du groupe n’existaient pas. Et on dira qu’il est plus facile, par paresse, de décréter qu’il ne vaut pas ceux de leur âge d’or et de ne pas y prêter plus d’attention que ça. D’ailleurs, pendant longtemps (et ça continue à R&F), on a lu que la dernière chose correcte qu’ils aient faite étaient Some Girls (1978). Principalement, parce que le groupe aura cherché entre temps à rajeunir son style et s’intéresser au disco… Or, il y a de plus en plus de personnes qui plaident pour réhabiliter certains disques de leur période honnie des années 80, notamment Tattoo You (1981).

Bref, A bigger Bang sera certainement le dernier véritable album studio écrit par les Rolling Stones que nous aurons désormais à nous mettre sous la dent. Alors, il convient de l’écouter comme tel et d’oublier leur œuvre passée ou de le faire objectivement. Certes, il est trop long (satané format CD!), il y a quelques scories , le son n’est pas aussi charmant que celui des sixties ni aussi rugueux que la période 68/72 et on a parfois l’impression d’avoir déjà entendu certaines chansons (mais cela disparaît très vite quand on leur donne leur chance).

Par contre, dès le moment où on supprime quelques morceaux (en gros, on vous invite à retirer toutes les chansons à 2** ou 3*,** et vous aurez un album de la bonne longueur), on se trouve face à un excellent album des Rolling Stones que l’on prend grand plaisir à écouter et réécouter. Et si on fait le compte en termes d’étoiles « Uncut » des 11 chansons qu’il nous reste, on se trouve face à une excellente moyenne qui regarderait droit dans les yeux les albums de l’âge d’or et ce disque pourrait leur rétorquer « Alors, ça vous fait quoi de trouver un p’tit nouveau parmi vous qui vous dit merde respectueusement? ». Pourtant, on avait un indice sous les yeux depuis le début qui ne trompe pas avec eux: le disque avait la plus belle pochette du groupe depuis presque 30 ans!

Donc, pour toutes ces raisons, nous vous invitons à réviser A bigger Bang, sans nostalgie ni préjugés, et vous y découvrirez comme nous un disque de vrai rock, fait par des musiciens qui y croient malgré leur âge et qui ont retrouvé l’inspiration comme s’ils savaient déjà que c’était la fin pour eux. Et si c’est là leur dernier disque, on peut dire qu’ils auront fini en beauté, contrairement à ce qu’on avait globalement pu lire jusqu’à présent et qu’une réhabilitation est de mise. Croix de bois, crois de fer, ou on finira en enfer (avec toute la sympathie qu’ils nous auront enseignée) !

The Rolling Stones: « A bigger bang » (2005)

A bigger bang remaster 2009 cd de Rolling Stones The, CD chez  disqueriamusicshop - Ref:1531881037

01. Rough Justice – 3:12 *****
02. Let Me Down Slow – 4:16 ***
03. It Won’t Take Long – 3:55 ***
04. Rain Fall Down – 4:54 *****
05. Streets Of Love – 5:10 ***
06. Back Of My Hand – 3:33 *****
07. She Saw Me Coming – 3:12 ****
08. Biggest Mistake – 4:06 ****
09. This Place Is Empty – 3:17 ***
10. Oh No, Not You Again – 3:47 *****
11. Dangerous Beauty – 3:48 ****
12. Laugh, I Nearly Died – 4:54 ****
13. Sweet Neo Con – 4:34 **
14. Look What The Cat Dragged In – 3:57 ****
15. Driving Too Fast – 3:57 *****
16. Infamy – 3:50 ****

Plus c’est gros, plus c’est bon…

Avec les remerciement d’Uncut (et de R&F) pour l’attribution des ces étoiles.

PS: n’oubliez pas de nous faire parvenir vos compilations sur le thème « Vents contraires » ou de vous manifester si cela vous inspire…

Audrey et Francis

16 réflexions sur « A redécouvrir (8): The Rolling Stones- A bigger Bang (2005) »

  1. Bonne rentrée, Audrey et Francis. Elle commence fort avec cet album, mais je vous fais confiance pour tenir le rythme au cours des 11 prochains mois.

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  2. Bonne reprise de la classe d’éveil musical à tous.
    Aie les étoiles me piquent un peu les yeux, mon souvenir disqueduresque de cet album est assez pauvre, et seul Rough Justice grapille trois étoiles. Après en tant que vieux schnok millésimé, j’ai peut être comme tu le signales l’a priori de leur (mon) passé, et vpulu rester dans mon vieux et rassurant acquis.
    Allez hop, pour Charlie, je me le reprends et le mets de côté pour une nouvelle écoute. Merci.

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    1. J’ai pas mal revisité les derniers Stones suite à ce HS, et effectivement, c’est indéniablement le meilleur. Et je trouve qu’il recèle des surprises que j’avais pas pris la peine d’apprécier. Tu me diras si finalement toi aussi tu le réévalues.

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  3. Joli titre ou erreur? N’empêche que j’ai cru avoir mal saisi le titre « Bigger Bang » Dans tous les cas cela fait une belle accroche. J’ai suivi vos/Uncut conseils avec plaisir.
    Je redécouvre « Bigger Mistake » ce qui me permet de préciser ce que j’aime AUSSI chez les Stones (Mick Jagger patte?) et ainsi expliquer pourquoi sans avoir lu l’article je suis d’accord sur le jugement de UNCUT sur BLACK & BLUE.Un album que j’écoute encore (parfois) de bout en bout. Je suis de la génération qui découvre à sa sortie « It’s Only Rock & Roll » à cette époque mes plus vieux copains ou frères/soeurs de copains pensaient déjà que les Stones se répétaient et que la grande période reste etc…
    J’en profite pour orienter sur cet article de RANX qui m’a fait changer d’avis sur les solo de Mick Jagger et qui éclaire un peu la magie et l’apport sur les Stones
    https://ranxzevox.blogspot.com/2014/07/dancing-with-mr-mick.html
    En ce qui me concerne, j’ai une liste d’artistes dont j’ai envie d’aimer leurs nouvelles sorties d’albums, les Stones en font partie. par contre pour les Stones nous sommes encore nombreux je crois à partager ce sentiment.
    En tout cas merci pour ce bain Stonien.

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      1. Content de vous voir tous les des 2 pour cette rentrée.
        @devabtf: Black and Blue est finalement le plus polémique du groupe, justement parce qu’il n’est pas aussi nul que certains le voudraient (dont moi). En fait, je n’ai pas envie de l’aimer mais… il est presque plus fort que moi, parce que je n’arrive pas à le détester.
        Par contre, je ne rechigne pas écouter ses chansons, mais je n’ai pas forcément envie de l’écouter en tant qu’album. Et si je le fais, c’est à chaque fois pour me poser la question si j’ai raison ou pas de ne pas l’aimer… Il a un côté « trop » qui m’agace un peu. Trop funk, trop larmoyant, trop boogie. Et en même temps c’est aussi ça qui fait qu’on l’écoute et qu’on en parle encore. Alors qu’on ne se pose pas cette question pour Dirty Work…

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  4. Globalement et presque sans distinction d’époque j’écoute volontiers les stones, comme une cure – souvent de jouvence – ou un rappel à l’ordre.
    Rime avec rock, n’en déplaise, pour ma part… et pas qu’historiquement.

    La problématique créative c’est le format…
    Entre blues, rock’n’roll et un peu de sauce soul ou encore une pincée de country avec des rares écarts reggae, quand on est dans un format tant musical qu’instrumental si cadré et référent pour l’ensemble du groupe, le « créatif » que tant critiquent à l’arrêt à leur égard doit être réenvisagé.
    Déjà et c’est logique qu’en n’importe quel de leurs albums y’a des hauts (parfois des très hauts) – en toute subjectivité et des bas, (là encore) alors tenir la distance… sur tant de décennies
    Ils n’ont pas vraiment osé se lancer comme certains dans un recueil « symphonique » – pas leur genre… ils n’ont pas cédé au tout boite à rythmes même en mixité, et quand ils jouent disco ça reste eux… alors ils invitent (Sonny Rollins dans Tatoo you… géantissime, Sanborn tout autant dans Undercover et tant d’autres…).

    On se mate le dvd de la tournée bridges of babylon avec des élèves, histoire de… un de mes collègues me regarde après le solo de keith d’entrée sur satisfaction et me lance « quel flemmard ! »…
    Je vous dit pas le débat… Keith n’est pas Satriani, et pourquoi faire d’ailleurs ?… mais ce son cette pâte, etc…
    il m’arrive de défendre l’authenticité et la simplicité quand le pourquoi faire plus semblerait inapproprié…
    bref je suis resté fidèle aux Stones…

    Charlie, en tant qu’anciennement batteur moi même fait partie de ces mecs que d’un côté certains critiquaient là encore quant à la simplicité de son jeu et que d’autres comme moi cherchaient à « comprendre »…
    Ayant souvent joué les Stones je peux vous dire que son jeu était inimitable…
    Ce truc qui fait lâcher la charley sur l’after beat de caisse claire, par exemple, c’est SON truc et franchement pour le rendre comme lui… techniquement ouais… feeling ?…. une autre affaire.
    Cette façon de gérer le tempo intra mesures en accélérant un peu vers le troisième temps et décélérant légèrement pour revenir sur le premier suivant… ses breaks toujours trop rapides mais pourtant ancrés dans le tempo (car ça retombe net et sans bavure) – bref et avec lui la symbiose avec les autres pour cette rythmique dont Clapton a dit qu’elle était juste « de rêve » du temps de Wyman (ceci dit Daryl a relevé un sacré défi)…
    Charlie a été un incontournable du jeu de batterie devenu old school – copié mais jamais collé en mimétisme par tous ceux qui s’y sont frotté.
    C’est une gestion de l’espace avec une simplicité de moyens et… tout ça avec un son Grestch qui est référent au jazz…
    un tempo d’une autre solidité, des relances improbables, souvent hors cadre, une puissance assortie d’une souplesse (ceci dû à sa prise tambour, main gauche, rare, très rare pour le jeu rock) et cette façon de coller à la basse… comme indissociables.

    Une légende qui est partie.
    respects…

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  5. Bravo PG. Charlie ne pouvait espérer meilleur hommage. Il vient du cœur. Merci à Audrey et Francis, d’être fidèles à la barre. En ces temps tourmentés où les vieux tardent à se remettre en selle, votre enthousiasme fait plaisir. Après plusieurs écoutes, quelques titres à grappiller dans  »A Bigger Band », même si l’ensemble sent le recuit dans de vieux chaudrons. Naturlich. Toute proportion gardée,  »Cross eyed heart » est un album sans prétention, simple à l’image de Keith Richards. Humain.
    Eric.

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    1. Houlà! Si tu te mets à dire que les Stones utilisent des vieux chaudrons… faut pas oublier qu’ils ont fait de la musique de vieux dès leur premier album et qu’ils n’ont pas arrêté d’en faire à part éventuellement quand ils ont cherché à faire plus jeune avec le disco!!! lol
      Keith Richards en solo, oui, faudra que je m’y mette un jour..; Peut-être pas assez fan/nostalgique des stones pour ça, peut-être. Mais tu n’es pas le premier à me dire qu’il a fait des albums qui méritent qu’on s’y attarde. D’ailleurs, cet été, j’ai soudain remarqué que c’est lui qui chante dans Coming down again, mes oreilles avaient toujours entendu Jagger, tellement il chante pas si faux ici.
      Francis

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      1. Je profite pour réitérer ma remarque sur les solo de Jagger, je ne m’y intéressais pas jusqu’aux encouragements de le faire pour comprendre la magie des deux et aussi pas mal de très bons titres… qui s’éloignent des obsession blues rock de Keith Richard

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      2. Tu as raison, parce que j’ai tendance à adopter une posture dogmatique sans écouter. Je vais tâcher de lire aussi la prose de Hugo Spanky qui sait généralement très bien bousculer les a priori.

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